Document d’information
Le rapport Poser les bases d’une stratégie nationale de l’entrepreneuriat : Le rapport de CGA-Canada sur l’entrepreneuriat a été commandé par CGA-Canada. Il repose sur une recherche dans le cadre de laquelle on a interrogé à la grandeur du Canada plus de 1 500 CGA qui travaillent dans des petites et moyennes entreprises (PME) ou pour celles-ci. Ces professionnels comptables sont particulièrement bien placés pour témoigner des défis que doivent surmonter les entrepreneurs.
Au printemps 2010, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a entrepris l’examen de certaines questions essentielles ayant trait aux PME et à l’entrepreneuriat au Canada. En juin 2010, l’Association a mené une étude sur les grands enjeux des PME, qui s’est achevée avec la tenue de la Table ronde sur les questions qui préoccupent les PME organisée conjointement par CGA-Canada et CPA Australia. Animée par le succès de cette table ronde ainsi que son désir de poursuivre son examen, CGA-Canada a fait équipe avec CPA Ireland, un autre organisme comptable professionnel de premier plan, pour étudier plus particulièrement la question de l’entrepreneuriat et celle de l’aide et des stratégies sur lesquelles il faut compter pour stimuler la croissance et l’innovation dans le contexte économique actuel. Les résultats de leur travail sont exposés dans deux documents, soit le CPA Entrepreneurship Report, publié à Dublin en Irlande, le 22 septembre 2010, et le Rapport de CGA-Canada sur l’entrepreneuriat.
Nous sommes convaincus que ce nouveau rapport sera d’une grande utilité pour le grand public, le gouvernement et les petites entreprises du Canada.
Vue d’ensemble
Le Canada est en bonne position pour tirer parti des ses forces et accroître l’activité entrepreneuriale au pays. Les principaux défis auxquels doivent faire face les entrepreneurs canadiens sont notamment la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée, les études et la formation, l’insuffisance de l’innovation, le manque d’accessibilité du financement et la lourdeur du fardeau fiscal et réglementaire.
Faits saillants
- Les CGA qui travaillent en entreprise ou en cabinet privé croient que le climat de l’entrepreneuriat s’est détérioré au Canada au cours des 18 derniers mois.
- Quelque 51 % des CGA interrogés estiment que la situation s’est dégradée, alors que 24 % jugent qu’elle s’est améliorée et 26 % n’ont pas constaté de changement.
- Les raisons invoquées pour expliquer cette perception d’une détérioration du climat de l’entrepreneuriat sont le déclin du marché, la récession et le chômage ainsi que la difficulté pour les entreprises de trouver des capitaux et leur aversion pour le risque.
- Le bassin d’entreprises présentant des capacités entrepreneuriales est régulièrement maintenu. Les nouvelles entreprises ont un taux de survie élevé. Néanmoins, les données dont nous disposons révèlent que toutes les possibilités d’amélioration n’ont pas été exploitées en ce qui concerne les investissements générateurs de croissance et d’innovation.
- Environ 85 % des entreprises qui font leur apparition sur le marché survivent durant une année entière, 62 % survivent pendant trois ans et 51 % sont encore en activité après cinq ans.
- Le fait que plus de la moitié des entreprises passent le cap des cinq ans laisse à penser que les Canadiens mettent sur pied des entreprises qui sont en mesure de se doter d’un avantage concurrentiel au sein de leurs marchés.
Recommandations
- Le gouvernement fédéral devrait constituer un comité d’experts en vue de l’élaboration d’une stratégie nationale sur l’entrepreneuriat. Cette dernière aurait pour objet principal de stimuler l’innovation en la plaçant au centre de la politique gouvernementale, et serait soutenue par un leadership fort aux niveaux politiques les plus élevés.
- La stratégie tiendrait également compte de l’importance d’une collaboration pancanadienne dans la poursuite de l’innovation et de la croissance.
- Les gouvernements doivent se montrer particulièrement prudents lorsqu’ils prennent des décisions susceptibles de nuire au climat des affaires. Pour que la reprise soit réussie, par exemple, les gouvernements doivent se retenir de hausser les impôts et d’autres charges qui entravent la création d’emplois, l’entrepreneuriat et l’investissement.
Faits saillants
- Le Canada a du retard dans l’innovation et la productivité. Le pays se classe au milieu de la trentaine de pays membres de l’OCDE pour ce qui est de la recherche-développement (R-D) des entreprises.
- Le Canada obtient une lamentable 6e place dans le G7 en ce qui concerne la proportion de R-D des entreprises par rapport au PIB.
- Le bilan insuffisant du Canada en matière d’innovation et de productivité n’est guère surprenant, compte tenu des obstacles importants et bien enracinés auxquels se heurtent les entrepreneurs qui dirigent des PME.
- Les jeunes du Canada ne sont pas nécessairement enclins à travailler dans de petites entreprises.
- Parmi les principaux défis auxquels font face les PME, se trouve la concurrence qu’elles doivent livrer aux entreprises de plus grande taille pour attirer et retenir les jeunes talents.
- Beaucoup de Canadiens ont de bonnes idées à mettre en marché, mais, pour réussir, ils doivent acquérir des compétences qui leur permettront d’évaluer les risques, de faire croître leur entreprise et de comprendre l’environnement concurrentiel.
- Bien que des progrès aient été accomplis, les études ou autres formations en entrepreneuriat ne sont pas courantes.
Recommandations
- Les gouvernements, les universités et le secteur privé doivent collaborer pour constituer des centres d’excellence en entrepreneuriat axés sur les jeunes entrepreneurs.
- Le gouvernement fédéral doit rendre accessibles, par l’entremise des organismes subventionnaires, des fonds qui permettront de soutenir les chaires de recherche en entrepreneuriat. Des bourses doivent être offertes pour permettre à des étudiants de faire des études universitaires en entrepreneuriat.
- Les gouvernements doivent appuyer au moyen de crédits d’impôt, de promotions et d’autres formules de soutien, des programmes de mentorat faisant appel à des entrepreneurs expérimentés.
Faits saillants
- Pour aider les PME à acquérir la souplesse qui leur permettra d’investir dans des occasions de croissance, d’innover et d’améliorer leur productivité, il est essentiel de mettre à leur disposition, en temps utile, des moyens de financement accessibles.
- Les banques n’aident pas les PME à investir dans l’innovation et la productivité (seulement 5 % des prêts accordés aux PME par les banques sont destinés à la R-D).
- De nombreux entrepreneurs (73 % des entreprises en démarrage et 54 % des PME) sont forcés de s’en remettre au crédit personnel pour financer leur entreprise – y compris l’emprunt hypothécaire sur la résidence familiale et l’emprunt par carte de crédit.
- Il faut continuer de maintenir les taux d’imposition à des niveaux concurrentiels, de réduire la paperasserie, de faciliter l’expansion dans les marchés étrangers et de mettre en œuvre des initiatives comme le nouveau Programme canadien pour la commercialisation des innovations.
- Les CGA considèrent que le soutien du gouvernement à l’égard de l’entrepreneuriat est davantage acceptable (52 %), que très bon ou bon (22 %) ou très médiocre ou médiocre (26 %).
- Les PME doivent parfois composer avec des contraintes, tant en ce qui a trait aux ressources qu’au temps dont elles disposent. Il leur est donc extrêmement difficile de naviguer à travers l’étalage complexe de mécanismes de soutien qui leur sont proposés.
- En l’absence d’un guichet unique, les PME ne peuvent savoir quels programmes leur sont offerts pour leur venir en aide.
Recommandations
- Les gouvernements doivent s’assurer que l’information sur les programmes et les services destinés aux entrepreneurs est accessible et disponible en temps utile.
- Les gouvernements doivent continuer de chercher des moyens de soutenir financièrement les nouveaux entrepreneurs. Le gouvernement fédéral pourrait, par exemple, exonérer les entreprises en démarrage du paiement des primes de l’assurance-emploi pendant leurs trois premières années d’exploitation ou, si elle est antérieure, jusqu’à la date à laquelle elles atteindraient un certain seuil de chiffre d’affaires.
Faits saillants
- Un peu plus du quart des CGA qui travaillent en entreprise ou en cabinet privé ont indiqué qu’un ou plusieurs de leurs clients se sont vu refuser un prêt au cours des 12 derniers mois.
- Pour les entreprises en cause, ce refus s’est principalement traduit par la perte de possibilités de croissance.
- Les membres en cabinet privé se sont révélés davantage susceptibles (56 %) de connaître des clients ayant essuyé un refus qui, à leur avis, a entraîné des pertes d’emplois.
- Les CGA estiment que l’accès au financement est clairement la question qui a le plus d’incidence sur l’entrepreneuriat, 71 % d’entre eux ayant en effet déclaré que cette question était très importante.
- Malgré l’augmentation du soutien public par l’intermédiaire d’initiatives comme le Programme de crédit aux entreprises, les conditions du crédit devraient demeurer serrées dans l’avenir prévisible.
- À mesure que les entrepreneurs continuent de s’adapter à cette nouvelle situation, le rôle que jouent leurs professionnels comptables devrait prendre encore de l’ampleur.
Recommandations
- Les responsables des orientations politiques doivent rester sur leurs gardes, au moins jusqu’en 2011, et évaluer la nécessité de continuer à aider les entreprises à trouver des solutions de financement pour soutenir financièrement la croissance.
- Les gouvernements devront encourager le financement reposant sur l’actif et le financement par capitaux propres, y compris les capitaux providentiels. Il s’agit autant de stimuler la demande que d’encourager l’offre et de s’assurer que les PME comprennent ces sources de fonds, choisissent les modes de financement pertinents parmi toutes les options offertes et se rendent attrayantes comme bénéficiaires d’un financement non bancaire.
Faits saillants
- Les gouvernements doivent s’attaquer à la question des coûts de conformité. Le coût de la conformité aux obligations fiscales que doit assumer, par employé, une entreprise comptant moins de cinq employés est cinq fois plus élevé que celui que doit assumer une entreprise comptant au moins 500 employés.
- Au Canada, les entreprises dépensent 30 milliards de dollars par année pour se conformer à la réglementation.
Recommandations
- Le gouvernement fédéral doit charger un comité d’experts indépendant d’examiner en profondeur le système fiscal canadien, en vue de s’assurer que ce système est simple, équitable et efficient.
- Le gouvernement doit étudier l’incidence du seuil d’imposition des PME sur la croissance des entreprises.
Faits saillants
- Les CGA travaillant en entreprise ou offrant leurs services à des sociétés de toutes tailles ont souligné que l’effet cumulatif des efforts consacrés à la conformité est usant.
- Ils citent en exemple les chevauchements et le manque de coordination entre les réglementations fédérale, provinciales et territoriales, et parfois même municipales.
- Les entreprises sont mécontentes du fait qu’on ne s’attaque pas aux obstacles qui entravent la circulation des biens et des services entre les provinces.
- Les CGA nous disent que le régime fiscal est devenu trop complexe.
Recommandations
- Le gouvernement fédéral doit adopter une loi sur l’ouverture du commerce et constituer un tribunal interne permanent pour s’occuper des obstacles au commerce interprovincial des biens et des services.
- Les accords de libre-échange bilatéraux, la libéralisation des échanges multilatéraux et les accords sur la protection des investissements étrangers ouvrent de nouveaux débouchés pour les produits canadiens et fournissent des mesures incitatives qui permettent aux sociétés canadiennes d’accroître leur productivité.
- Le gouvernement fédéral doit continuer de rationaliser le processus d’observation de règlements municipaux, provinciaux/territoriaux et fédéraux.
- Pour mesurer le fardeau réglementaire, il faut mettre au point une méthode simple et uniformisée pour l’évaluation de l’incidence des formalités administratives sur les entreprises.
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CGA-Canada | Dernière mise à jour : 2010-10-18