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Conscience professionnelle 

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Gestion financière

Conscience professionnelle

L'Association des agents financiers autochtones s'affirme grâce au travail soutenu de responsabilisation financière qu'accomplissent les gestionnaires financiers autochtones certifiés dans tout le pays.

 

L'Association des agents financiers autochtones du Canada (AAFA), créée en juillet 1999, compte aujourd'hui plus de 500 gestionnaires financiers autochtones certifiés (GFAC) ou aspirants au titre.

« Nous avons maintenant dépassé le cap de 200 membres certifiés », souligne fièrement Daniel Ryan, président et chef de l'exploitation de l'AAFA. « C'est une étape dont l'importance n'est pas négligeable dans le soutien aux collectivités des Premières Nations et aux organisations autochtones partout au pays. Nous poursuivons sur cette lancée. »

M. Ryan, lui-même GFAC, brigue maintenant le titre de CGA. « Je commence tout juste le programme de formation en ligne, explique-t-il. Je sais que ce sera exigeant, mais je suis impatient de relever le défi. Je me réjouis de pouvoir profiter de la formation à distance. C'est tellement plus commode d'étudier à mes heures, sans devoir bousculer mon horaire de travail. » Le titre de GFAC correspond à la troisième année du programme d'études de CGA-Canada. Les titulaires peuvent donc poursuivre leurs études en vue d'obtenir le titre de CGA.

La création de l'AAFA est le fruit du Projet de responsabilisation de CGA-Canada et de l'Assemblée des Premières Nations (APN). Instauré en 1998, le Projet avait pour but de jeter les bases de l'autonomie gouvernementale des Premières Nations et d'établir de nouvelles relations fiscales entre les Premières Nations et le Canada. La constitution d'un regroupement fédéral sans but lucratif, l'AAFA, a couronné ces efforts. L'AAFA a créé un programme professionnel menant au titre de GFAC afin d'accroître les connaissances et les compétences professionnelles des cadres et des gestionnaires financiers des Premières Nations.

Mais qui sont donc ces 200 GFAC et plus, et en quoi consiste leur travail? Œuvrant partout au Canada, ils occupent diverses fonctions de gestion financière pour les collectivités des Premières Nations ou auprès d'entreprises autochtones qui sont plus de 25 000 à exercer leurs activités sur le territoire canadien. Quatre de ces gestionnaires financiers, qui sont aussi CGA, nous ont livré un instantané de leurs occupations professionnelles.

Tammy Drew, GFAC, CGA, était au secondaire lorsqu'elle a remarqué que le directeur des finances de sa Première Nation, celle de Miawpukek (Terre-Neuve et Labrador), n'était pas autochtone. Sachant que la politique de la Première Nation en matière d'emploi consistait à promouvoir l'embauche d'autochtones à toutes les fonctions, elle a résolu d'acquérir les compétences qu'exigeait ce poste. Après avoir obtenu un diplôme de comptabilité du College of the North Atlantic, elle a décroché un poste de comptable attitré d'un projet auprès de sa Première Nation, sur la côte sud de Terre-Neuve, à 560 kilomètres environ de St. John's. Elle s'est ensuite inscrite au programme d'études de CGA-Canada, à temps partiel, et a obtenu le titre en 1996.

En 1998, Mme Drew a réalisé son ambition de devenir directrice des finances de la Première Nation de Miawpukek. « Le soutien familial et l'appui du chef et du conseil de la Première Nation, conjugués à mon engagement personnel et à ma détermination à mener à bien mes études et ma carrière, m'ont aidée à atteindre mes objectifs, explique-t-elle. Je veux collaborer avec notre chef et notre conseil pour faire progresser notre collectivité, et je ne reculerai devant aucun apprentissage pour y parvenir », ajoute-t-elle.

À l'âge de 31 ans, mère seule de deux enfants, Sarah, 13 ans, et Jasmine, 9 ans, elle est actuellement directrice générale de la Première Nation et responsable de l'ensemble des programmes de la bande et notamment des services financiers. « Je travaille de très près avec l'actuelle directrice des finances, Yvonne John, qui est également GFAC. Mon rôle relève davantage de la supervision de la gestion financière, mais je participe aux tâches journalières au besoin », dit-elle.

Lorsqu'on l'interroge sur l'importance du titre de GFAC, Mme Drew déclare : « Je crois qu'il est primordial de reconnaître les compétences (issues de la formation et de l'expérience) de ceux et celles qui participent quotidiennement à la gestion financière des Premières Nations. Le titre de GFAC est un jalon important et son obtention devrait être le premier objectif des personnes qui œuvrent dans le domaine financier au sein des Premières Nations. »

Jean Vincent, CA, GFAC, CGA, président-directeur général de la Société de crédit commercial autochtone à Wendake, au Québec, collectivité autochtone des environs de Québec, abonde dans le même sens. « Lorsque vous souhaitez contribuer à la collectivité ou à toute autre organisation autochtone pour laquelle vous travaillez, j'estime qu'il est indispensable d'acquérir toutes les compétences qui assureront la qualité de votre travail. À cet effet, l'obtention du titre de GFAC me semble un bon départ », affirme-t-il.

Après ses études collégiales au Québec, M. Vincent a amorcé sa carrière à la Banque Nationale, après quoi il est passé au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Il s'est rendu compte qu'il lui fallait parfaire sa formation et s'est donc inscrit, à temps partiel, au baccalauréat en administration des affaires de l'Université Laval, tout en poursuivant ses activités professionnelles. Il a obtenu son diplôme en 1989 et son titre de CGA en 1990.

M. Vincent dirige depuis 10 ans la Société de crédit commercial autochtone, une petite institution financière qui offre du crédit commercial aux entreprises autochtones du Québec; sa participation au développement économique des collectivités autochtones remonte cependant à quelque 20 ans. Il a été agent de développement économique pour le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien de 1982 à 1986, après quoi il a dirigé, de 1986 à 1992, le programme de développement économique de la Première Nation huronne-wendat qui a donné naissance à la Société de crédit. « La Société de crédit commercial autochtone met à la disposition des entrepreneurs autochtones de toute la province du crédit aux fins de développement », explique M. Vincent, qui est aujourd'hui président du Régime des Bénéfices Autochtone, président de la Société de capital de risque autochtone du Québec et vice-président du Conseil de l'AAFA.

À l'autre bout du pays, à Port Alberni, en Colombie-Britannique, Jay Norton, GFAC, FCGA, associé du cabinet d'expertise comptable DeGruchy, Norton & Co., a dirigé les missions de vérification de six Premières Nations et d'un Conseil tribal. Son cabinet sert principalement les collectivités des Premières Nations de la région de Port Alberni, mais il offre ses services jusque sur la côte ouest de l'Île de Vancouver.

Bien qu'il exerce en cabinet depuis près de 30 ans et qu'il ait diligemment collaboré aux activités de CGA-Canada et au développement de l'AAFA, M. Norton décrit les débuts de sa carrière comme ayant été plutôt cahoteux. « C'est un peu par hasard que je suis entré dans cette voie », dit-il, expliquant qu'à l'âge de 21 ans, il s'est retrouvé sans emploi et s'est donc inscrit à un cours de tenue de livres qui l'a conduit au programme d'études de CGA-Canada.

Bien que M. Norton travaille essentiellement dans les collectivités autochtones, il n'appartient pas aux Premières Nations. En effet, le titre de GFAC n'est pas réservé aux autochtones; il suffit de participer à la gestion financière de collectivités ou d'organisations autochtones pour pouvoir y prétendre. Daniel Ryan fait remarquer qu'environ 85 % des membres de l'AAFA sont autochtones.

Pour Gordon Ferguson, ALA, CFP, GFAC, FCGA, associé principal chez EPR Gordon C. Ferguson & Co. à Slave Lake, en Alberta, l'obtention du titre de GFAC allait de soi, compte tenu que bon nombre de ses entreprises clientes appartiennent à des autochtones. « Beaucoup de Premières Nations nous confient la vérification de leurs comptes », de dire M. Ferguson, natif de Kelowna, en Colombie-Britannique. « C'est la région qui veut cela ». Slave Lake est à environ deux heures et demie de route au nord d'Edmonton.

M. Ferguson travaillait pour un cabinet d'expertise comptable lorsqu'on l'a encouragé à briguer le titre de CGA. « J'ai fini par faire l'acquisition de ce cabinet », dit-il, indiquant qu'il compte aujourd'hui, près de 20 ans plus tard, 15 employés servant la région septentrionale de l'Alberta.

M. Ferguson, qui a coprésidé le Projet de responsabilisation CGA-APN, se dit heureux des progrès de l'AAFA. « L'Association est désormais la figure de proue de la gestion financière autochtone, dit-il. Compte tenu de l'autonomie gouvernementale à laquelle peuvent maintenant aspirer les Premières Nations, la gestion financière n'a jamais revêtu pareille importance. La formation en gestion financière des peuples des Premières Nations est primordiale si ces derniers ne veulent pas dépendre de tiers en la matière. »

M. Ferguson dit avoir observé un important changement dans la gestion financière des Premières Nations depuis quelques années. « Lorsque je me suis lancé dans la vérification, nous faisions beaucoup de tenue de livres. Nous réparions les erreurs avant de procéder à la vérification. Aujourd'hui, les livres de certaines Premières Nations sont irréprochables. Leur personnel est bien formé et leurs méthodes sont efficaces. La situation s'est vraiment améliorée depuis quelques années. Je crois que l'AAFA a joué un rôle prépondérant dans cette évolution et qu'elle poursuivra sa mission. »

Jay Norton acquiesce. « J'ai travaillé pour les Premières Nations durant la plus grande partie de mes 29 années d'exercice de la profession, dit-il. Aussi loin que remonte l'intérêt des Premières Nations pour la gestion financière, j'ai toujours été présent, et j'ai vu la situation se transformer du tout au tout. Depuis 10 ou 15 ans, les Premières Nations se sont vu confier un lourd fardeau [en ce qui a trait à la responsabilisation financière], ce qui, somme toute, est une excellente chose puisqu'ils ont ainsi acquis davantage de contrôle sur leurs propres affaires. Toutefois, plusieurs Premières Nations se sont contentées de leurs teneurs de livres et se sont trouvées quelque peu dépassées. » Selon M. Norton, les Premières Nations s'intéressent maintenant davantage à la question; ils embauchent des agents financiers compétents et se livrent à des exercices de planification stratégique.

Selon tous les GFAC que nous avons rencontrés, l'AAFA doit jouer un rôle important auprès des gestionnaires financiers autochtones et appuyer la responsabilisation financière. « L'AAFA doit être pour les organisations et les collectivités autochtones ce qu'est CGA-Canada pour les entités canadiennes, déclare Jean Vincent. Nous poursuivons le même but : parfaire les compétences. »

Pour Tammy Drew, qui a également participé de près aux activités de l'AAFA, la formation qu'offre l'Association est son actif le plus précieux. « Il est indispensable que les Premières Nations acquièrent des compétences appropriées en gestion financière, qu'il s'agisse d'employés de bureau ou de gestionnaires. Les déficiences au chapitre de la responsabilisation financière découlent de multiples facteurs, mais les lacunes dans la formation du personnel comptent parmi les plus importants d'entre eux. Avec le soutien de l'AAFA et un programme de formation à distance conçu expressément pour les autochtones, une solution s'offre maintenant à tous les intéressés. »

Selon Daniel Ryan, le nombre de professionnels qui possèdent déjà un titre et aspirent à celui de GFAC témoigne éloquemment du fait que l'Association progresse dans la bonne voie. Il attribue le succès de l'AAFA au Projet de responsabilisation CGA-APN et aux personnes qui ont fait germer l'idée et ont travaillé à son aboutissement. « Maintenir cette conscience et cette flamme est essentiel à l'action de l'AAFA. »

 

Conditions d'obtention du titre de GFAC

Le programme de gestion financière autochtone offert par l'AAFA consiste en 14 cours donnés par voie électronique de même que dans les établissements postsecondaires du pays. Trois des cours exigés — stratégie et décisions, histoire et croissance autochtones, et questions humaines et fiscales autochtones — ont été élaborés par l'AAFA et sont offerts en ligne.

Le programme comporte deux niveaux. Le candidat qui termine les six premiers cours satisfait aux exigences du certificat en gestion financière autochtone. Le candidat qui termine huit cours supplémentaires obtient un diplôme en gestion financière autochtone.

Les étudiants, une fois leur diplôme obtenu, peuvent se présenter à l'examen professionnel. Pour satisfaire à tous les critères d'admissibilité au titre de GFAC, ils doivent, en outre, effectuer un stage pratique de 24 mois. Toutefois, le candidat qui satisfait aux exigences d'expérience pratique et qui possède un titre comptable professionnel reconnu ou compte plus de cinq ans d'expérience en gestion financière autochtone peut être admissible au titre de GFAC, sous réserve de dispositions particulières.

Pour obtenir davantage d'information, communiquer avec l'AAFA au 1 866 722-2362; afoa@afoa.ca, www.afoa.ca.

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