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À moindre perte 

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À moindre perte

Une baisse des cours n'entraîne pas automatiquement une perte, mais il faut savoir planifier et vendre au bon moment.

 

La plupart des investisseurs ont beaucoup de mal à déterminer à quel moment ils doivent vendre leurs placements. Et pour compliquer la situation, ils sont constamment bombardés de recommandations d'achats. En fait, contrairement à la logique boursière (acheter à la baisse et vendre à la hausse), on leur recommande plus souvent d'acheter lorsque le marché est en hausse que lorsqu'il est en baisse. De plus, pour les particuliers, la valeur du titre a déjà baissé lorsque l'investisseur prend conscience du fait qu'il faut vendre plutôt qu'acheter.

Le jargon disparate utilisé par les sociétés ne fait que renforcer la confusion. Par exemple, on dira d'un titre qu'il est « hautement recommandable », « à acheter », « à conserver » ou « à vendre » par une société, et « supérieur au marché », « égal au marché », « neutre » ou « inférieur au marché » par une autre. Comment s'y retrouver?

Est-il donc si rarement recommandable de vendre? Est-il possible de concevoir une stratégie de vente qui se révèlera profitable?

Juguler les pertes

Depuis le début de l'an 2000, il semble que les actions de premier ordre sont une chose du passé. Les actions de grandes sociétés dites « stables » sur lesquelles reposait le marché ont connu une baisse importante et inattendue. Juste avant la chute, les obligations de certaines de ces sociétés affichaient une excellente cote, ce qui entretenait la réputation de rentabilité de ces sociétés. Or, existe-il un moyen de protéger votre investissement dans ces sociétés ou, du moins, de réduire vos pertes au minimum?

Il existe en effet un outil appelé ordre stop. Il s'agit d'un ordre de vente visant un titre particulier et pouvant s'appliquer pendant plusieurs semaines. Si le cours du titre chute sous un niveau préétabli, l'ordre est automatiquement exécuté. Le client et le conseiller en valeurs fixent le cours stop avant de passer l'ordre.

Par exemple, dans le cas d'une action dont le cours se situe à 20 $, vous pouvez passer un ordre stop à 18,50 $. Si, au cours des semaines qui suivent l'achat, le titre chute à 18,50 $ ou moins, il sera vendu. L'ordre stop vous aura permis de limiter votre perte à environ 7,5 %. Le montant de la perte est approximatif, car, lorsque l'ordre est lancé, le titre est vendu au prix du marché, selon le meilleur cours immédiatement disponible. Le titre sera donc vendu à plus ou moins 18,50 $. Mais, sur un marché accéléré, il se peut que le cours ne rende pas compte des plus récentes opérations, de sorte que le prix ne peut être garanti.

Pour éviter de vendre le titre à un cours trop bas, vous pouvez également ajouter une « limite » à votre ordre stop. Supposons que vous ayez fixé votre limite à 16 $ et que le cours du titre baisse à 18,50 $, déclenchant l'ordre stop. Si le prochain cours disponible est inférieur à 16 $, l'ordre sera interrompu et le titre sera conservé jusqu'à ce que le cours soit supérieur à 16 $.

Habituellement, les ordres stop durent un mois, puis vous devez les réévaluer, les rajuster et les renouveler.

L'appât du gain

Les ordres stop permettent donc de contenir les pertes, mais peuvent-ils être utilisés pour vendre à profit?

Supposons que le titre que vous avez acheté à 20 $ se négocie ultérieurement à 24 $. Vous pouvez, par exemple, faire monter l'ordre stop à 22 $, ce qui, essentiellement, vous assure un profit d'environ 2 $ si le nouvel ordre est déclenché. Vous pourrez bien sûr rajuster l'ordre stop à la hausse si, par la suite, le cours du titre continue à monter.

Un jour ou l'autre, après des mois ou des années dans certains cas, l'ordre stop est déclenché et le titre est vendu. Par la suite, il se peut que le cours du titre grimpe davantage, mais généralement, une fois l'ordre lancé, le titre continue à baisser.

Mais, cet outil n'est pas infaillible. En effet, il arrive qu'un titre soit automatiquement vendu après avoir atteint le cours stop pour ensuite amorcer une nouvelle hausse. Cette situation peut s'avérer frustrante, mais ce sont les règles du jeu.

On peut réduire ce risque en établissant judicieusement le cours stop. Par exemple, si pour un titre de 20 $, le cours stop est fixé à 19,50 $, le titre sera probablement vendu rapidement en raison des fluctuations quotidiennes normales du marché. Il faut donc chercher à définir ce qui constitue une fluctuation réelle du cours découlant d'un changement fondamental au sein de la société. L'ordre stop doit être suffisamment éloigné du cours auquel se négocie le titre afin d'éviter qu'il ne soit déclenché par les fluctuations quotidiennes du marché.

La détermination du cours stop relève davantage de l'art que de la science et suppose souvent l'étude des formations graphiques d'un titre. De nombreux analystes techniques estiment qu'ils peuvent, en étudiant les formations graphiques des marchés et des titres particuliers, obtenir de l'information qui échappe aux analystes fondamentaux. Mais, ce sont souvent les analystes fondamentaux qui, suivant des règles plus rigides et objectives, établissent les cibles pour les titres particuliers.

Les évaluations des analystes techniques sont de nature plus subjectives. Ces analystes estiment que certains comportements humains laissent filtrer de l'information sur une entreprise avant que celle-ci ne soit reflétée dans les états financiers. Par exemple, si un fabricant d'automobiles accroît fortement sa production en raison d'une augmentation de la demande, ses fournisseurs seront les premiers avertis, car ils recevront les commandes de pièces avant que les voitures ne soient assemblées. Il est tout à fait possible que les propriétaires et les employés des fournisseurs acquièrent des titres après une telle observation. L'inverse est aussi vrai : une diminution des commandes aux fournisseurs peut avoir l'effet opposé.

Il peut s'écouler jusqu'à trois mois entre la vente des voitures et le moment où les ventes sont comptabilisées dans les états financiers trimestriels. Et ce sont sur ces états financiers que les analystes fondamentaux s'appuient pour formuler leurs recommandations.

Équilibrer les fonds communs

On ne peut placer un ordre stop sur un fonds commun de placement. Cela dit, les fonds communs sont généralement moins volatils que les titres particuliers. Si le capital investi dans un titre est exposé au risque à 100 %, il est rare qu'un fonds commun général affiche une perte de valeur sur une période de 10 ans. Il demeure toutefois avantageux de vendre au moins une partie d'un fonds dont la valeur a augmenté.

Commencez par répartir votre capital selon votre profil de rendement et de risque et réévaluez ensuite la répartition de votre portefeuille au besoin. Par exemple, si votre conseiller et vous déterminez qu'un tiers de votre capital doit être placé dans des fonds de croissance et que ces fonds en viennent à représenter 40 % de votre compte, vous devriez alors rééquilibrer votre portefeuille. Pour ce faire, vous pourriez transférer 6,66 % du capital dans un secteur qui a connu une baisse, comme les obligations ou un autre fonds. En revanche, si la proportion des fonds de croissance devient inférieure à 20 %, il vous faudra puiser dans d'autres secteurs pour ramener la proportion à 33,33 %. Cette technique est couramment appliquée aux comptes d'institutions, comme les caisses de retraite, mais elle l'est moins pour les comptes de particuliers.

Le marché boursier a connu sa deuxième chute en importance entre 2000 et 2003. Pour éviter de perdre davantage, il vous faut mettre en place des stratégies en prévision d'un prochain repli boursier.

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