Portrait
Axé sur l'avenir
John Nagy, FCGA, a plusieurs projets à titre de président du Conseil de CGA-Canada pour 2003-2004.
TIRÉ DU NUMÉRO :
NOV.-DÉC. 2003 | PAR
PEGGY HOMAN
Travailler avec ardeur, avoir un bon sens de l'humour, aimer les défis et aimer son travail : voilà l'essentiel de la philosophie de
John Nagy, FCGA et président du Conseil et chef de la direction de
CGA-Canada pour l'année
2003-2004. Ancien président du Conseil de
CGA-C.-B.,John Nagy participe aux activités de l'Association depuis plusieurs années déjà — 22 pour être exact. Il s'est fixé des objectifs bien précis pour son mandat d'un an à titre de président du Conseil et chef de la direction.
« Mon premier objectif pour l'automne consistera en un examen exhaustif et approfondi du plan stratégique à long terme par le Conseil, le tout en vue de m'assurer que chacun comprend bien les objectifs et y souscrit
pleinement », souligne
M. Nagy dans le style direct qu'on lui connaît bien.
« Ensuite, je travaillerai en étroite collaboration avec
Anthony Ariganello, nouveau
président-directeur général de
CGA-Canada [depuis juin], afin d'assurer une transition en douceur, car
M. Ariganello doit assimiler rapidement une très grande quantité de
renseignements »,ajoute-t-il.
Au cours de l'année à venir,
M. Nagy compte en outre mieux cibler les activités de
CGA-Canada à l'échelle internationale.
« Nous devrons d'abord confirmer que nos objectifs, et le plan d'affaires que nous avons établi pour les atteindre, sont clairs. Il est très important de mettre l'accent sur les activités internationales, car une action sans frontières constitue l'un des principes directeurs de
CGA-Canada. Bien que nous ayons un programme hors pair, le marché canadien est limité, et nous devons élargir nos activités à l'extérieur de nos
frontières. »
L'expansion des activités de recherche de
CGA-Canada figure également en tête des priorités de
M. Nagy.« Je souhaite m'assurer que la fonction de recherche qui a été approuvée par le Conseil sera mise sur pied et qu'elle nous fournira les avantages prévus. À certains égards, le terme
« recherche » n'est pas tout à fait exact, car il s'agit bien plus de services de protection de nos intérêts que de recherche théorique pure,
indique-t-il. Nous devons donc être mieux à même de cerner les tendances et nous concentrer sur les questions d'actualité et d'intérêt public — et compiler l'information dont nous aurons besoin pour établir des prises de position en nous appuyant sur la recherche et les faits. Nous devons réagir rapidement dans tous les dossiers et protéger les intérêts de nos membres. Par exemple, nous devons être prêts à réagir sur-le-champ à des annonces telles que la création du Conseil canadien sur la reddition de
comptes. »
Riche d'une longue et vaste expérience au sein de l'Association,
M. Nagy comprend bien la situation d'ensemble. Selon lui, la capacité de travailler efficacement avec les associations affiliées constitue la plus grande force et la plus grande tâche de
CGA-Canada.« Les associations affiliées provinciales et régionales représentent nos membres, et c'est au sein de ces associations que réside l'essentiel des compétences, des connaissances et du
savoir-faire de l'Association. Mais la diversité des associations affiliées présente également certaines difficultés d'envergure. À de nombreux égards,
CGA-Canada s'apparente à la fédération canadienne — l'Association regroupe des joueurs d'envergure variée, chacun contribuant son apport particulier, son propre point de vue et ses besoins propres. Il peut s'avérer difficile de concilier l'ensemble des intérêts
contradictoires. »
Toutefois, M. Nagy précise que, s'il a choisi le titre de CGA, c'est parce qu'il trouvait que ce titre était l'un des plus difficiles à obtenir à l'époque.
« LeBritish Columbia Institute of Technology (BCIT) offrait un programme de comptabilité solide et réputé. Mon diplôme en main, j'ai examiné les options. Je voulais relever un défi, et le programme de CGA était reconnu comme étant plus difficile que d'autres programmes dans mon champ
d'étude », indique
M. Nagy.
« CGA-Canada offre toujours un excellent programme et figure parmi les chefs de file du domaine de la formation en comptabilité. Le programme d'études professionnelles des CGA s'appuie sur un modèle des compétences solide. Les résultats du vaste sondage sur les activités professionnelles mené par
CGA-Canada en 2003 en témoignent. Je crois en outre que l'une des principales forces du programme, c'est son degré de difficulté et les normes rigoureuses sur lesquelles il repose. Les personnes qui obtiennent le titre de CGA ont fait leurs preuves, plus encore que la population générale des collèges et des
universités »,précise-t-il.
Pourtant, M. Nagy admet qu'au départ, il ne comptait pas devenir comptable. Dans les années 1970, il travaillait dans une boulangerie commerciale de Vancouver et lorsqu'on lui a offert la possibilité d'être muté en Alberta, il a accepté. En route vers l'Alberta, sa vie a pris, accidentellement, un nouveau tournant.
« J'ai eu un accident de voiture et j'ai dû retourner chez mes parents, à Vancouver,
raconte-t-il. Ma mère, qui travaillait alors à la CIBC, m'a encouragé à poser ma candidature comme stagiaire en
gestion. » Sa candidature a été retenue et c'est à titre de caissier de banque qu'il a amorcé sa carrière en finance.
« J'ai exercé plusieurs fonctions dans plus d'une vingtaine de succursales en
Colombie-Britannique sur une période de trois
ans », se
souvient-il. C'est pendant cette période qu'il a découvert sa véritable passion pour la comptabilité et a décidé de s'inscrire au BCIT.
Or, si sa décision de poursuivre une carrière en comptabilité est quelque peu accidentelle, sa réussite professionnelle, en revanche, ne relève nullement du hasard. Après avoir obtenu son diplôme du BCIT, il retourne dans le domaine bancaire pour quelques années. Par la suite, il devient directeur d'un atelier de réparation de carrosserie avant de tenter sa chance en cabinet.
« Initialement, je n'avais pas l'intention de travailler en cabinet. Après mes études postsecondaires, j'étais resté sous l'impression que l'exercice en cabinet était limité, de portée trop
restreinte. »
Toutefois, M. Nagy a vite constaté que l'exercice en cabinet était nettement plus intéressant qu'il ne l'avait imaginé.
« Le travail est fort varié, tout comme les personnes avec qui vous traitez,
s'exclame-t-il. Je me suis joint au cabinet Brock Oakley peu de temps après avoir obtenu mon titre en 1980 et je suis devenu associé trois ans plus tard. En 1987, j'ai acheté le cabinet, puis, quelques années plus tard, j'ai acquis le cabinet Margit Schroder, pour enfin fusionner avec Reid, Hurst
and Co. en 1999.
Reid Hurst Nagy, Certified General Accountants, est l'un des cabinets de CGA les plus importants de la vallée du bas Fraser en
Colombie-Britannique. Le cabinet offre des services de comptabilité, de fiscalité, de conseils en gestion et de planification financière à des particuliers, à des propriétaires-exploitants et à des organismes sans but lucratif. Le cabinet offre également des services dans le domaine de la vérification des syndicats de copropriétaires et d'entités des Premières Nations.
C'est à l'époque où il a commencé à exercer en cabinet que
M. Nagy est devenu bénévole au sein de l'Association. « J'ai commencé à titre de tuteur pour
CGA-C.-B., se
souvient-il. Mais c'est en 1985 que j'ai joué mon premier rôle véritable, lorsque je suis devenu membre du comité sur l'exercice en cabinet privé de
CGA-C.-B. »M. Nagy a présidé ce comité en 1996 et se dit fier du travail accompli.
« Nous avons élaboré un manuel d'expertise comptable exhaustif et l'avons transmis à
CGA-Canada. » Le gros de ce travail est demeuré essentiellement inchangé à ce jour.
M. Nagy est membre du Conseil d'administration de
CGA-C.-B. depuis 1993 et a également présidé le comité de planification stratégique et le comité de formation de
CGA-C.-B. Il a en outre été membre de nombreux comités et groupes de travail de
CGA-C.-B. À l'échelle nationale, il est devenu membre du Conseil d'administration de
CGA-Canada en 1996 et a agi à titre de second
vice-président du Conseil
(2001-2002), puis de premier
vice-président du Conseil
(2002-2003). Il a présidé divers comités, notamment le Comité national des normes professionnelles
(2002-2003) le Comité de planification stratégique
(2001-2002), le Comité des finances
(2001-2002) et le Comité de l'exercice en cabinet privé
(1993-1994). Par ailleurs,
M. Nagy a été membre de divers autres comités et groupes de travail de
CGA-Canada. Il a obtenu le titre de FCGA
en 1998.
M. Nagy admet volontiers qu'il a des opinions tranchées. De son style de direction, il dira qu'il est axé sur l'argumentation, un qualificatif quelque peu singulier. Mais avec un large sourire, il ajoute :
« Si je suis fermement convaincu d'une chose, je vais tenter de convaincre les autres du
bien-fondé de mon point de vue. Mais j'ai l'esprit ouvert et je suis prêt à accepter le point de vue inverse s'il est étayé d'une argumentation solide fondée sur les faits. J'essaie de diriger les gens et non pas de les bousculer ou de les
« micro-gérer ». Je crois à la responsabilisation. J'estime que la direction doit avoir toute la latitude et la souplesse nécessaires pour faire son
travail »,précise-t-il.
Pour ce qui est de sa philosophie personnelle,
M. Nagy estime que l'humour est d'une extrême importance en toute situation.
« Je n'aime pas la grisaille, dit-il. L'humour ajoute une touche de couleur. Mon père a été un merveilleux modèle — il avait toujours une vision claire des choses. Il disait souvent que l'important n'est pas de savoir ce que l'on sait, mais de savoir ce que l'on ne sait pas. Ce principe me guide dans ma vie professionnelle. Lorsque je ne suis pas certain, je n'hésite jamais à le dire à mes clients. Je leur dis que je dois me renseigner avant de leur
répondre. »
Au fil des ans, son modèle au sein de l'Association a été
Bruce Hryciuk, FCGA, ancien président de
CGA-C.-B., et ancien président du Conseil et chef de la direction de
CGA-Canada.« Bruce Hryciuk s'est joint à l'Association quelques années avant moi. Il m'a donné une multitude de conseils sur les questions soulevées tant à l'échelle provinciale qu'à l'échelle nationale, souligne
M. Nagy avec gratitude. La philosophie de base de cet homme — travailler fort et s'amuser ferme, chaque chose en son temps — cadre parfaitement bien avec la
mienne. »
Lorsqu'il s'agit de s'amuser, M. Nagy opte pour le terrain de balle molle. Depuis quelques années, il est
co-entraîneur de l'équipe de balle molle de sa fille Tammy, âgée de
17 ans.« Il s'agit sans contredit de l'un de mes plus grands
plaisirs »,dit-il. Avant d'enfiler les chaussures d'entraîneur,
M. Nagy a agi à titre de trésorier de la troupe d'éclaireurs de son fils Nick (maintenant âgé de
19 ans) — les 4
thRichmond Scouts, ainsi que du Richmond Georgia Scout District.
Compte tenu de l'ampleur de son long engagement à l'égard de l'Association, nombre de ses activités sociales sont liées aux activités de l'Association. Lui et sa femme Laura, qu'il a épousée il y a
21 ans, se sont faits de nombreux amis dans le cadre de ces activités. Et même s'il n'a pas beaucoup de temps pour les lectures personnelles,
M. Nagy cite néanmoins
James Michener et
Terry Pratchett parmi ses auteurs favoris.
(Terry Pratchett est un auteur britannique de
science-fiction humoristique surtout connu pour sa célèbre série
Discworld.)
En ce qui concerne les questions d'actualité, M. Nagy estime que la question des pleins droits d'exercice constitue l'objectif le plus important pour
CGA-Canada. Selon lui, le fait de fermer le dossier des droits d'exercice dans les quatre provinces restantes touche l'ensemble des CGA partout au pays.
« Si la question n'est pas réglée sous peu, la profession dans son ensemble pourrait se trouver devant de sérieuses difficultés. Par conséquent,
CGA-Canada doit prendre tous les moyens nécessaires pour aider l'Ontario, le Québec,
l'Île-du-Prince-Édouard et la
Nouvelle-Écosse à obtenir les pleins droits
d'exercice », souligne-t-il catégoriquement.
[Note de la
rédaction : L'entrevue a eu lieu une semaine avant l'annonce, par le gouvernement de l'Ontario, de la réforme de l'expertise comptable et de la reconstitution du Conseil des comptables publics. Une fois reconstitué, le Conseil sera chargé d'établir les nouveaux critères visant l'attribution des permis d'exercice en Ontario, ce qui permettrait aux CGA d'exercer l'expertise comptable. La prochaine étape, pour le gouvernement, consiste à rédiger la loi habilitante.]
Pour conclure sur l'année à venir, M. Nagy ajoute ce qui
suit :« L'Association a toujours été axée sur l'avenir. Nous avons pris des risques importants au fil des ans, mais c'est ce qui fait que nous sommes progressistes. J'aimerais conserver cette philosophie axée sur l'avenir et les risques. Après tout, nous offrons le meilleur programme de formation et le meilleur titre comptable au Canada. Il y a de quoi être
fier. »
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Peggy Homan est coéditrice et rédactrice en chef de
CGA Magazine.