Réflexions
Lettre du président et chef de la direction
Voici la première rubrique du président et chef de la direction de CGA-Canada. Celle-ci paraîtra désormais régulièrement dans CGA Magazine.
TIRÉ DU NUMÉRO : JUILL.-AOÛT 2004
Bonjour à tous.
On a beaucoup parlé récemment de la perte de confiance des investisseurs envers les marchés financiers. Mais quelles mesures particulières prendra-t-on pour rétablir cette confiance ébranlée par une série de scandales financiers? Comment mettre en place de façon durable, au Canada, un esprit d’intégrité qui amènera les sociétés à faire preuve d’un grand sens éthique? Il est impératif de répondre à ces questions afin de garantir la santé de notre économie et notre prospérité.
Je vous propose certains sujets de réflexion au moment où le milieu des affaires du Canada prend les mesures qui s’imposent en réaction aux bouleversements suscités par les faillites de grandes sociétés et les scandales comptables hautement médiatisés.
Premièrement, il importe d’établir un leadership réel afin de changer fondamentalement les mentalités, et ce, à partir de la haute direction des sociétés. La réforme en profondeur des pratiques d’affaires exigera un sens du leadership, une vision et une surveillance serrée. Les conseils d’administration et les dirigeants des sociétés canadiennes devront se mobiliser en vue d’établir une culture fondée sur des valeurs saines, où la probité sera une seconde nature.
Deuxièmement, il convient d’examiner attentivement, d’une part, l’influence des analystes financiers sur la confiance des investisseurs et, d’autre part, la façon dont les dirigeants des sociétés répondent aux attentes fixées par les analystes financiers. Les dirigeants se sentent-ils obligés de réaliser à tout prix une croissance supérieure à 10 %? Est-ce réaliste de s’attendre à une telle croissance dans la conjoncture concurrentielle actuelle?
Il est important de fixer des attentes saines et réalistes. Et afin de rétablir la confiance des investisseurs, il est important que les analystes évitent toute projection excessive, et les dirigeants, toute réaction excessive.
Troisièmement, les états financiers doivent présenter une mesure exacte et fiable de la valeur nette d’une société aux yeux des investisseurs. Ils doivent être clairs, transparents et sans ambiguïté. De nombreux progrès ont été réalisés à cet égard. Mentionnons notamment la modification de la méthode de comptabilisation des options sur actions et l’attestation de la véracité des états financiers de grandes sociétés ouvertes par le chef de la direction et le chef des finances. Même si de telles mesures, prises isolément, peuvent sembler mineures, elles constituent le fondement de la réponse aux principales préoccupations des investisseurs.
Enfin, on a publié de nombreux articles, ces derniers temps, sur la nécessité de rationaliser les attentes des investisseurs quant à l’intervention des vérificateurs. À mon avis, nous devons mieux renseigner le public sur le rôle des vérificateurs. À titre d’experts dans le domaine, les CGA peuvent aider à sensibiliser les investisseurs au fait que les vérificateurs donnent l’assurance que les états financiers présentent une image fidèle de la situation financière de l’entité. Cependant, à eux seuls, les états financiers vérifiés ne constituent pas une garantie de la viabilité financière à long terme d’une société.
Le monde des affaires est appelé à faire face à de nouvelles réalités. Néanmoins, je suis absolument convaincu que la profession comptable a tout ce qu’il faut pour relever le défi. Nous saurons mettre à profit les leçons du passé pour éclairer le futur. J’espère avoir l’occasion de vous rencontrer en grand nombre, au cours des prochains mois, afin de vous exposer mon point de vue sur les grandes questions de l’heure.
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