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Faire face aux réalités démographiques 

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Perspective

Faire face aux réalités démographiques

 


CGA-Canada et ses membres ont toujours préconisé la mise en place d’un programme rigoureux de réduction de la dette et du déficit au Canada. Nous avons accueilli favorablement les efforts de Paul Martin quand il était ministre des Finances. Et nous croyons toujours que l’État doit s’employer à rembourser sa dette et à vivre selon ses moyens. Ce ne sont pas les bonnes raisons qui manquent.

Parmi ces raisons, il en est une qui se fait de plus en plus pressante : la situation démographique. Nous savons tous que les baby-boomers ont une énorme influence sur les économies occidentales, qu’il s’agisse des habitudes de consommation ou de la popularité grandissante de la chirurgie esthétique.

Or, il semble que les baby-boomers sont à nouveau sur le point de laisser leur empreinte sur notre société, ou plutôt sur la dette et le déficit publics. David Dodge, gouverneur de la Banque du Canada, appelait récemment le Canada et les autres pays développés à la prudence : prenez le contrôle de vos dépenses et de votre dette, sinon vous aurez de graves problèmes lorsque les baby-boomers prendront massivement leur retraite.

Le commentaire du gouverneur tombe à point. Selon les démographes, la génération des baby-boomers commence avec les personnes nées en 1946. Nombre d’entre elles approchent maintenant du seuil de la soixantaine, âge où la retraite devient possible.

Comme le gouverneur l’a souligné, le problème des gouvernements occidentaux consiste à garder sous contrôle le ratio entre la dette et les dépenses d’une part et le produit intérieur brut (PIB) d’autre part. À défaut de le faire, ils risquent de ne pas pouvoir maintenir des programmes sociaux essentiels et très coûteux, notamment en santé et en éducation. Cette réalité exigerait une révision drastique, et sans aucun doute très douloureuse, des priorités gouvernementales en matière de dépenses, qui serait inévitablement accompagnée de bouleversements sociaux.

Fait intéressant, le gouverneur souligne également que le Canada est actuellement le seul pays du Groupe des sept pays les plus industrialisés à dégager un surplus et que la Grande-Bretagne est le seul autre dont le déficit est inférieur à 3 % de son PIB. Ces propos sont alarmants et de mauvais augure.

Malheureusement, les solutions ne se trouvent pas uniquement à l’intérieur de nos propres frontières. D’autres pays, notamment les États-Unis, le Japon et l’Europe, devront également régler ce problème pour que nous puissions voir le bout du tunnel. Les États-Unis ont actuellement un déficit de 521 milliards de dollars, soit 4,5 % de leur PIB. Le président Bush espère le réduire de moitié. Mais le spectre des dépenses liées à l’armée et à la sécurité nationale diminue énormément ses chances de succès.

La façon dont les choses progresseront aux États-Unis et dans les autres pays économiquement avancés aura une incidence directe sur nous, au Canada, et se traduira par des variations des cours des devises et des valeurs mobilières, ainsi que des taux d’intérêt. Nous sommes donc tous dans le même bateau.

Et comme les experts aiment nous le rappeler... la démographie explique tout. Nous devons donc agir tout de suite, pendant qu’il est encore temps de trouver des solutions réalistes et accessibles.

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