Portrait
La passion de l'excellence
Le nouveau président du Conseil pour 2005-2006, Dany Girard, B.A.A., FCGA, a une vision très nette de l'avenir pour CGA-Canada au cours de l'année qui vient.
TIRÉ DU NUMÉRO :
NOV.-DÉC. 2005 | PAR
PEGGY HOMAN
En ce gris matin d'octobre où je rencontre Dany Girard, B.A.A., FCGA, et président du Conseil d'administration de
CGA-Canada pour
2005-2006, il a déjà réglé plusieurs problèmes, certains liés à son rôle au sein de l'Association, d'autres à son poste de directeur général à la Caisse Desjardins
d'Arvida-Kénogami, à Jonquière, au Québec. Pourtant, rien dans l'allure de cet homme bien de sa personne, calme et concentré sur notre entrevue ne laisse transparaître qu'il vient de passer une matinée exigeante. Il y a tout juste trois ans,
M. Girard ne parlait pas un mot d'anglais. C'est pourtant dans sa langue seconde qu'il entreprend de répondre à toutes les questions de l'entrevue, même si un interprète est à sa disposition.
Quoi de plus naturel chez un homme qui ne craint pas les défis? Passion, détermination et désir d'aller de l'avant — même lorsque la route est cahoteuse — sont des qualités déterminantes chez
M. Girard. Ce sont ces qualités qui l'ont mené vers de grandes réussites dans maints aspects de sa vie. Au début des années 1980, il a été l'un des
50 jeunes Canadiens sélectionnés par Hockey Canada qui ont reçu une bourse leur permettant de faire partie du programme d'entraînement olympique.
M. Girard a atteint un niveau d'excellence athlétique auquel ne font que rêver nombre de jeunes hockeyeurs. Dans sa carrière sportive, il a aussi eu la chance de jouer dans non pas un, mais deux tournois de la Coupe Mémorial — le Saint-Graal du hockey junior — avec les Draveurs de
Trois-Rivières, une équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
Même s'il a déjà caressé le rêve de jouer dans la Ligue nationale de hockey,
M. Girard avait aussi d'autres grandes ambitions. Sa détermination, son pragmatisme, ses talents athlétiques et son rendement scolaire élevé lui ont valu de recevoir une bourse de début d'études à l'Université de Moncton, au
Nouveau-Brunswick où, en plus de jouer dans la légendaire équipe de hockey les Aigles Bleus, il a étudié les sciences économiques. Il a ensuite obtenu un certificat en sciences économiques à l'Université Laval et un baccalauréat en sciences comptables à l'Université du Québec à Chicoutimi. Poursuivant sur la voie du succès, il s'est classé sixième au Canada, sur
1 540 candidats, à l'examen de comptabilité avancée des CGA. Il est CGA depuis 1991 et, en 2000, il a reçu le titre de FCGA.
Plusieurs facteurs ont influencé sa décision d'embrasser la carrière de comptable.
« Ma principale raison était fort
simple : je voulais pouvoir agir sur mon environnement. Je trouvais aussi que la comptabilité était une profession admirable. On trouve des CGA aux plus hauts échelons de l'industrie et du gouvernement, et ces comptables inspirent un grand respect dans le milieu des affaires. Mon père m'avait d'ailleurs dit, dès mon jeune âge, que la comptabilité serait une bonne profession pour
moi »,
relate-t-il. Son père n'était pas comptable mais son oncle travaillait dans le domaine de la finance.
« J'ai toujours trouvé que mon oncle faisait un métier
fascinant »,
confie-t-il avec un sourire.
M. Girard a commencé à œuvrer dans l'Association il y a
10 ans, auprès de la section de Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est son ami Serge Fournier, CGA et maire
d'Hébertville-Station, qui l'a encouragé à participer activement.
M. Girard se souvient qu'au début, il hésitait à prendre de nouveaux engagements en raison de son horaire chargé, car sa conjointe et lui avaient alors une fillette de deux ans. Il a malgré tout décidé de se renseigner au sujet du bénévolat auprès de l'Ordre des CGA du Québec.
« Dès la première réunion, j'ai été emballé, se souvient-il. Peu de temps après, je suis devenu membre du Bureau, dont j'ai été élu président en
2001-2002. En
2000-2001, j'ai fait partie du Comité administratif de
CGA-Canada. »
En avril 2005, M. Girard a été l'une des deux personnes nommées par l'International Federation of Accountants (IFAC) pour faire partie du groupe de travail sur les normes comptables des PME de l'International Accounting Standards Board (IASB).
« C'est un honneur de pouvoir jouer un rôle actif au sein d'un groupe aussi prestigieux, en aidant l'IASB à concevoir un ensemble de normes internationales d'information financière adapté aux
PME. »
L'an dernier, M. Girard a aussi été président du Comité de planification stratégique de
CGA-Canada, où il a dirigé l'élaboration du nouveau plan stratégique de l'Association; une tâche qui doit être entreprise chaque trois ou cinq ans.
« Pour le moment, nous devons nous munir d'un solide plan stratégique pour entrer de plain-pied dans
l'avenir »,
explique-t-il.
M. Girard croit fermement que l'Association est en bonne voie de mettre en œuvre pareille stratégie.
« Un plan provisoire sera présenté aux fins de discussion à la réunion du Conseil, le
10 décembre, à Toronto. Même s'il n'est encore qu'à l'étape d'ébauche, ce plan possède de grandes
forces »,
insiste-t-il.
Quant aux défis actuels de l'Association, M. Girard croit qu'il est possible qu'en 2006, les CGA obtiennent les pleins droits d'exercice partout au pays.
« Nous devons féliciter
CGA-Ontario et ses membres pour l'entrée en vigueur de la
Loi de 2004 sur l'expertise comptable, qui inaugure une ère nouvelle pour l'expertise comptable dans cette province. C'est un très grand pas en avant pour l'Association dans
l'ensemble », se réjouit
M. Girard, qui est certain qu'au cours des prochains mois, le gouvernement du Québec agira rapidement pour modifier la loi empêchant les CGA compétents d'exercer l'expertise comptable au Québec. « CGA-Canada continue d'appuyer les démarches de l'Ordre des CGA du Québec et de
CGA-Nouveau-Brunswick,
dit-il. L'entrée en vigueur de la
Loi de 2004 sur l'expertise comptable et la victoire dans la procédure invoquant l'ACI contribuent beaucoup à la crédibilité du titre de CGA et constituent une approbation de notre modèle de
formation. »
Au sujet du programme d'études professionnelles des CGA,
M. Girard souligne qu'une autre priorité importante pour l'Association est de continuer à collaborer étroitement avec les associations affiliées afin de soutenir leurs ambitieuses stratégies de recrutement. Quant au lien qui existe entre l'Association et les personnes qui étudient pour obtenir le titre de CGA,
M. Girard est
clair :« les étudiants sont les éléments moteurs de
l'Association ».
Lorsqu'on lui demande s'il a un conseil à donner aux étudiants, il répond avec l'enthousiasme qui le
caractérise :« Après l'obtention du titre de CGA, la plus importante préoccupation doit être de trouver la motivation pour réaliser ses rêves parce que d'une certaine façon, le titre de CGA n'est qu'une boîte à outils; le succès dépend de la motivation, du dévouement et des talents de leader de chaque personne. À mon avis, il est impossible d'avoir un bon emploi si on ne met pas tout son cœur à l'ouvrage,
affirme-t-il. Ce n'est pas une garantie mais comme on dit, à cœur vaillant rien d'impossible! Bref, si vous aimez l'argent, il faut travailler fort pour en
obtenir! »,
lance-t-il dans un éclat de rire.
Nous savons déjà qu'il gère un horaire très chargé, mais connaissons-nous la recette du succès de Dany Girard? Comment
accumule-t-il toutes ces réussites?
« Pour réussir, le plus important est de se fixer des objectifs et de travailler chaque jour en vue de les atteindre,
poursuit-il. Chaque matin, ce sont mes objectifs qui me font sortir du lit. Sans eux, je n'aurais pas la motivation d'accomplir de nouvelles choses. Prenons il y a deux ans; j'étais membre du Conseil de
CGA-Canada et j'ai décidé que je voulais devenir second
vice-président du Conseil. C'était un rêve, un objectif; j'ai établi les critères permettant de le réaliser et j'ai
foncé »,
explique-t-il.
Lorsqu'il s'agit de définir son style de leadership,
M. Girard fait vite remarquer qu'il n'est pas un timide. Ce communicateur sûr de lui insiste sur l'importance qu'il accorde à la communication efficace.
« J'ai toujours aimé avoir une vision,
affirme-t-il. Même si je préfère obtenir un consensus pour réaliser cette vision, je n'ai aucun mal à trancher les questions difficiles pour y arriver, surtout lorsque le meilleur intérêt de l'organisation est en
jeu. »M. Girard a appliqué cette philosophie dans les nombreux postes qu'il a occupés à la Caisse Desjardins depuis 1991. Il est directeur général de la succursale d'Arvida-Kénogami depuis 1997 et il a mené l'organisation dans le contexte d'une fusion, en avril 2000. En plus de gérer plus de
80 employés, il gère des actifs de
300 M$.
M. Girard croit en l'amélioration continue; comme il le dit si bien lui-même,
« j'aime changer ce qui ne va pas et améliorer ce qui fonctionne
bien ».
M. Girard adhère à cette philosophie sur le plan social également. Il contribue à l'amélioration de sa collectivité en y prenant une part active. La liste des organismes de bienfaisance dont il fait partie est longue. Il est notamment
vice-président de la Société de développement économique de Ville de Saguenay, et il a été président honoraire du fonds de dotation de l'hôpital de Jonquière, président honoraire de la campagne de financement des Aînés de Jonquière,
vice-président de la campagne de financement du Club optimiste de Jonquière en plus de prendre part à des activités de financement au profit de la Société canadienne du cancer et de la
Croix-Rouge canadienne.
Même si son emploi du temps est très chargé, il parvient à établir un sain équilibre dans sa vie grâce à l'exercice et au temps qu'il consacre à sa conjointe, Manon, et sa fille,
Ann-Frédéric, maintenant âgée de
12 ans. Chaque fois que c'est possible, sa famille l'accompagne dans ses voyages d'affaires. Même s'il a jadis passé un grand nombre d'heures sur la patinoire,
M. Girard a échangé ses patins contre un sac de golf.
« Je joue au golf dès que j'en ai la chance et j'adore ce
sport »,
dit-il tout sourire.
M. Girard n'est pas de ceux qui s'attardent sur les succès passés. En homme très performant, il préfère se tourner vers l'avenir.
« Je n'aime pas ressasser le passé. Le progrès se trouve dans l'avenir, dit-il tout bonnement. J'aime me demander : quel sera le meilleur intérêt de l'Association
demain? » Après une courte pause il
ajoute :« Les rêves sont une motivation. J'ai besoin d'avoir des rêves. Je suis comme
ça. » Avec cette conviction, cette vision axée sur l'avenir et cet enthousiasme pour les réalisations futures,
Dany Girard a certainement ce qu'il faut pour accomplir tous les projets qu'il a en tête.
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Peggy Homan est coéditrice et rédactrice en chef de
CGA Magazine.