Skip Navigation Links Accueil   »  Tout sur CGA-Canada  »  CGA Magazine  »  2005  »  Sept.-Oct.  »  Le langage XBRL

Le langage XBRL 

Sélectionnez le numéro archivé que vous souhaitez consulter : 

 

Double clic

Le langage XBRL

L'évolution du langage XBRL transforme rapidement la communication de l'information financière.

 

En fin d'exercice, lorsque les échéances incontournables et les longues heures de travail font monter la pression, l'objectif prioritaire devient l'établissement d'états financiers exacts pour les propriétaires et les actionnaires. Mais vous demandez-vous parfois comment les autres destinataires — vérificateurs, autorités de réglementation, analystes — utilisent vos états?

La plupart des comptables utilisent une combinaison de logiciel comptable, de feuilles de calcul, de fichiers PDF et de documents HTML pour préparer et publier l'information financière. Mais le langage XBRL (Extensible Business Reporting Language) est en train de devenir rapidement la nouvelle norme mondiale, car il permet une communication plus rapide et moins coûteuse de l'information financière et offre une seule méthode pour la publication des états financiers et leur transmission à des intervenants externes. XBRL favorise non seulement le traitement efficace de l'information financière, mais aussi l'analyse comparative de données issues de différentes sources — sans réintroduction ni remise en forme.

Qu'est-ce que XBRL?

XBRL est basé sur le langage XML (Extensible Markup Language), norme internationale pour la description des données et leur transmission par Internet. XML utilise des balises pour « étiqueter » ou décrire les données de manière qu'elles soient facilement traitées par les logiciels et lues par les humains.

Un nouveau langage voit le jour chaque fois que des personnes et des organismes partageant un intérêt commun établissent ensemble une taxonomie commune (système d'éléments et de règles propres à un sujet particulier) pour partager des informations de manière prévisible. XML a engendré plus de 200 langages spécialisés, dont XBRL. XBRL utilise des taxonomies pour définir les éléments de différents types de rapports d'entreprise et leurs relations.

De conception similaire, la technologie NETFILE a aidé l'Agence du revenu du Canada à réduire ses délais de traitement et ses erreurs de transcription des déclarations de revenus. Les contribuables sont enchantés de recevoir rapidement leur remboursement d'impôt lorsqu'ils utilisent cette application Web. Contrairement à NETFILE, qui est un logiciel spécialisé et exclusif, XBRL est ouvert, gratuit et polyvalent.

Bref historique du langage XBRL

Charles Hoffman, CPA dans l'État de Washington, a présenté à l'AICPA (American Institute of Certified Public Accountants), en 1998, son concept d'utilisation de XML pour les données financières. L'AICPA a appuyé et financé l'élaboration d'abord d'un prototype, puis d'un plan d'affaires. Publiée en 2000, la première taxonomie s'appliquait aux sociétés commerciales et industrielles des États-Unis. Ce consortium soulève depuis un intérêt croissant et il compte aujourd'hui onze membres officiels et cinq provisoires. La 11 econférence internationale tenue à Boston, en avril 2005, a attiré plus de 380 délégués de tous les pays.

XBRL au Canada

Le Canada s'est joint très tôt au consortium XBRL. Il a formé un groupe en 2001 auquel CGA-Canada participe depuis le début. En novembre 2004, XBRL Canada a publié une taxonomie bilingue établie pour les états financiers de base en conformité avec les principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada. Une autre est en cours de préparation pour les notes afférentes et les rapports de gestion. Afin de promouvoir cette technologie, CGA-Canada s'est engagée à publier les états financiers de l'Association en format XBRL à compter de l'exercice 2004-2005.

Des membres s'ajoutent sans cesse au groupe canadien, alors que de plus en plus d'organismes découvrent les possibilités du langage XBRL, lequel non seulement facilite la préparation et la distribution de l'information financière, mais assure une plus grande transparence des données. La Commission des valeurs mobilières de l'Ontario est maintenant un observateur officiel de XBRL Canada. Statistique Canada étudie activement la possibilité d'utiliser XBRL pour ses enquêtes trimestrielles et annuelles sur les résultats financiers des entreprises.

XBRL dans le monde

Nos voisins du Sud ont joué un rôle important dans le développement et la promotion de XBRL. En février 2005, la SEC (Securities and Exchange Commission) des États-Unis a mis sur pied un programme volontaire visant à encourager les sociétés à transmettre leur information financière en format XBRL.

Autre initiative d'envergure aux États-Unis, les organismes de contrôle de la banque fédérale, dont la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation), ont décidé de moderniser le système de présentation de rapports. La nouvelle version, dont la mise en service est prévue pour cet automne, utilisera des données marquées au moyen de balises XBRL pour les rapports trimestriels de 8 300 institutions financières. Les économies escomptées se chiffrent à 26 millions de dollars, et le temps de traitement devrait chuter de 75 jours à deux seulement.

La mise en œuvre de XBRL est encore plus avancée dans d'autres pays. La Commission européenne a alloué un million d'euros à un programme de sensibilisation à XBRL, et une trentaine de projets sont en cours en Europe. Les Pays-Bas ont entrepris une ambitieuse initiative pan-gouvernementale pour réduire le fardeau administratif des sociétés et des autorités de réglementation. Des administrations municipales utilisent déjà XBRL pour faire rapport au bureau néerlandais de la statistique. On prévoit des économies annuelles de 350 millions d'euros lorsque tous les gouvernements auront adopté XBRL.

Mais XBRL ne s'applique pas qu'aux états financiers. Au Royaume-Uni, le ministère du Revenu de l'intérieur accepte les déclarations des sociétés en format XBRL à titre d'essai. La Banque d'Espagne se sert de XBRL pour lutter contre le blanchiment d'argent en détectant les opérations suspectes, et l'Australie, pour recueillir des informations sur les prêts bancaires. La Bourse de Tokyo autorise les soumissions en XBRL depuis 2003 et de nombreuses autres Bourses utilisent ce langage dans le cadre de projets pilotes.

XBRL et les marchés financiers

Lorsque les états financiers sont publiés en format PDF, les destinataires peuvent lire l'information, mais non en analyser les données ni comparer les résultats à ceux d'autres sociétés, à moins de réintroduire les données en système dans un autre format et, parfois, de reclassifier les éléments. XBRL donne accès aux données financières d'entreprises similaires dans un format qui permet de les analyser d'emblée. Aux États-Unis, le fournisseur d'information financière par abonnement EDGAR Online transmet déjà les états financiers de plus de 12 000 sociétés ouvertes américaines en format XBRL et possède son propre logiciel d'analyse et de comparaison des ratios.

Les petites entreprises et les sociétés privées attirent difficilement l'attention des analystes de marchés parce que l'obtention de leurs données financières est longue et coûteuse. Mais tout comme Internet a permis aux petites entreprises de se donner l'image d'une grande société grâce à des sites Web bien conçus, XBRL peut aider de nombreuses sociétés à augmenter leur visibilité dans les marchés financiers.

Le rôle des comptables

En quoi ce nouvel outil concerne-t-il les CGA? Normalement, les comptables n'auront pas besoin de connaître tous les détails techniques de XBRL, puisque la plupart des logiciels de comptabilité pourront produire des documents XBRL. L'une de leurs tâches les plus importantes sera toutefois d'associer leurs données financières aux balises XBRL et il leur faudra donc se familiariser avec la taxonomie.

Les CGA seront sans doute aussi appelés à vérifier des documents XBRL, à préciser les contrôles internes et les règles de sécurité applicables à la création et à la transmission des données étiquetées, à choisir des outils de tiers et à concevoir des formats de présentation. Plus tard, lorsque les données XBRL seront plus généralisées et accessibles, le personnel financier pourra analyser les résultats d'entités externes à des fins de veille concurrentielle et de comparaison du rendement.

XBRL se situe exactement au croisement des domaines de la comptabilité et de la technologie. Les spécialistes financiers et le personnel des technologies de l'information devront donc collaborer étroitement à tous les projets XBRL. La réalisation du potentiel de ce langage réside dans une planification minutieuse et exhaustive, qu'il convient d'entreprendre dès maintenant pour se préparer à l'avenir de XBRL.

Pour participer au développement et aux efforts d'adoption de XBRL au Canada, joignez-vous à XBRL Canada, sur www.xbrl.ca. Vous serez ainsi au courant des activités, des ateliers et des projets courants du consortium. Vous pourrez également télécharger la taxonomie courante pour les PCGR canadiens ainsi que des modèles de documents XBRL.

[ Haut de la page ]

Veuillez mettre à jour votre navigateur

Les éléments graphiques du site ne sont visibles qu'au moyen d'un navigateur graphique qui accepte les standards du Web, mais son contenu est visible peu importe le navigateur ou l'appareil utilisé pour naviguer sur Internet.