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Applaudissons un homme d'action 

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Portrait

Applaudissons un homme d'action

CGA-Canada décerne le prix John-Leslie à John Williams, député et FCGA, en reconnaissance des services exceptionnels qu'il a rendus au public.

 

Il suffit de faire le tour de la Colline du Parlement en compagnie du député conservateur d'Edmonton- St. Albert (Alberta), John Williams, pour voir combien il est connu dans les couloirs du pouvoir. Rien d'étonnant si on considère son engagement, ses réalisations et l'attention qu'il a suscitée auprès de la presse internationale ces dernières années. M. Williams, qui a été catapulté sous les feux de l'actualité en raison du rôle clé qu'il a joué dans l'enquête sur les commandites, est un infatigable défenseur de l'obligation redditionnelle du gouvernement et il a la réputation de ne pas craindre la grosse besogne, surtout lorsqu'il faut faire la lumière sur les comptes publics et les dépenses du gouvernement fédéral.

Le lauréat de 2005 du prix John-Leslie, un homme résolu et charmant au parler légèrement chantant du pays des lochs, confie que son intérêt pour la politique s'est manifesté dès son jeune âge, alors que dans son Écosse natale, son père était membre de plusieurs conseils. « J'ai été élevé très près de la vie politique », se souvient-il. Le chemin bordé de réalisations qui l'a mené au cœur même de cette vie politique, à la Chambre des communes, a fait de John Williams le candidat parfait du prix John-Leslie. Cette récompense, ainsi nommée en l'honneur du fondateur et premier président de CGA-Canada, est décernée aux CGA dont les réalisations exceptionnelles ont fait briller le titre de CGA au Canada. Ce prix est généralement remis annuellement à une seule personne, mais il n'est pas nécessairement remis tous les ans. Il a été créé en 1988 par le Conseil d'administration de CGA-Canada.

Même si M. Williams a envisagé une carrière politique très tôt, ce sont surtout ses relations avec les résidants de sa circonscription, vers la fin des années 1980 et le début des années 1990, qui ont motivé sa décision de se présenter aux élections. « Le milieu des affaires, en Alberta, était préoccupé par la dette fédérale et les impôts élevés. Je croyais que les choses devaient changer et j'ai longuement consulté mes concitoyens à ce sujet. Au fil du temps, on m'a encouragé à me rendre à Ottawa afin d'agir sur ces questions. J'étais très pris par mon cabinet d'expertise comptable — j'avais obtenu mon titre de CGA en 1989 — et j'ai obtenu l'appui de mes clients. J'étais aussi très engagé dans mon milieu, ce qui m'a valu le soutien de la collectivité », dit-il.

John Williams a été élu pour la première fois à la Chambre des communes en octobre 1993, et a été nommé porte-parole du Parti réformiste pour le Conseil du Trésor au sein du Cabinet fantôme. En juin 2004, il était élu une quatrième fois. Lorsqu'on lui demande quels ont été les moments forts de sa carrière politique, il parle sans hésiter de sa présidence au Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes pendant le scandale des commandites et de la création de l'Organisation mondiale des parlementaires contre la corruption (GOPAC).

« La décision de fonder la GOPAC a été une sorte de révélation. J'étais convaincu qu'il fallait créer un organisme qui s'attaque à la corruption. Encore fallait-il savoir comment lancer un organisme international », dit-il. Fidèle à lui-même, il a pris les choses en mains et s'est lancé dans l'aventure. C'est sous sa direction qu'a eu lieu, en octobre 2002, la première réunion de la GOPAC. « Nous avions trois objectifs à l'ordre du jour : obtenir le soutien de nos pairs, fournir une formation aux parlementaires et définir des objectifs axés sur les résultats », se rappelle-t-il. M. Williams préside également la branche canadienne de l'organisme, les Parlementaires canadiens contre la corruption.

John Williams s'est engagé longtemps et activement au Comité permanent des comptes publics. « J'ai d'abord été membre, en 1993. À l'époque, le président faisait partie du Bloc Québécois et la position du Comité était fermement arrêtée sur le statu quo, qui ne pouvait que freiner tous les travaux. »M. Williams a tiré d'importantes leçons de ses débuts. « Avant d'être élu président du Comité, en 1997, j'ai eu le temps de voir les pièges dans lesquels sont tombés mes prédécesseurs. En outre, j'avais acquis une précieuse expérience du travail en comité quelques années plus tôt, à la Jeune chambre du Canada. » Cette expérience a contribué à l'immense succès de M. Williams comme président. En fait, il est actuellement celui qui a occupé cette fonction le plus longtemps, tous comités permanents confondus.

Le Comité permanent des comptes publics n'est pas le moindre des comités. Son rôle consiste principalement à enquêter sur les dépenses gouvernementales à partir des rapports du vérificateur général. Il s'agit de l'un des trois seuls comités permanents à être présidés par un membre de l'opposition officielle. Il entre en relation avec tous les ministères, ce qui confère à ses membres une vaste expérience du gouvernement, que ce soit dans leurs rapports avec le vérificateur général du Canada ou les sous-ministres.

« Lorsque nous nous réunissons, ce n'est pas pour bavarder et prendre le thé; nos rencontres ressemblent plutôt à un procès informel », indique M. Williams avec un sourire en coin. Quant au déroulement des séances, les faits sont présentés, puis réfutés. Chaque partie a l'occasion de poser des questions et un rapport contenant des recommandations est ensuite présenté au gouvernement, qui doit répondre au Comité.

« En temps normal, deux recherchistes et un commis travaillent quatre heures par semaine pour le Comité. Le 10 février 2004, cependant, le vérificateur général a publié son rapport sur les commandites et le Comité s'est retrouvé à l'avant-scène, directement sous les projecteurs. Au printemps 2004, notre équipe de soutien comptait entre 50 et 70 personnes travaillant sept heures par jour, cinq jours par semaine. Nos séances étaient télévisées du lundi au vendredi », se souvient M. Williams.

En mai 2004, cependant, le travail du Comité a été écourté. « Le déclenchement des élections nous a empêchés d'entendre les témoignages d'environ 75 personnes. Nous devions aussi examiner une documentation de 10 millions de pages, soit la même qui a été déposée devant la Commission Gomery. Après l'élection, la composition du Parlement a changé et de nouveaux membres se sont joints au Comité. L'apprentissage a été difficile et il a fallu beaucoup de travail pour découvrir ce qu'il était advenu du million et demi de dollars des contribuables qui, dans le cadre du programme de commandites, avaient été répartis entre plusieurs agences de publicité en échange de pots-de-vin au Parti libéral », relate M. Williams.

« Je crois sincèrement qu'il est possible de réprimer la corruption même si on ne peut l'éradiquer. La corruption existe aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. La différence réside dans les mesures adoptées pour la réfréner. Au Canada, le Parlement doit être vigilant; le gouvernement fédéral se doit d'être responsable en tout temps. C'est le moment, pour le Comité et le Parlement, d'entreprendre la réforme du système de gouvernance du pays. Il faut changer les règles afin que ce genre de situation ne se reproduise plus et ce n'est pas à la Commission Gomery de le faire. C'est au Parlement et au Comité », déclare M. Williams sur un ton sans réplique.

Lorsqu'il n'est pas à Ottawa, M. Williams est à sa ferme d'agrément à Riviere Qui Barre, un petit village situé à 25 km au nord-ouest d'Edmonton. « Ma ferme est mon oasis. C'est là que je peux me relaxer et refaire le plein d'énergie », dit-il. Cet endroit est également rempli de souvenirs familiaux, puisque M. Williams et son épouse, Carol, y ont vécu avec leurs deux fils, Munro, 27 ans, et Allan, 25 ans, jusqu'au décès de Carol en 1998.

M. Williams donne à réfléchir aux CGA qui songent à entreprendre une carrière en politique :« Diriger son propre cabinet est une bonne école, mais imaginez que vous devrez le faire sous l'œil inquisiteur des médias et loin de la maison six mois par année, dit-il sur un ton neutre. Cela dit, la vie politique est très exigeante, mais elle est aussi très gratifiante », ajoute-t-il avec conviction.

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