Portrait
Une fière ambassadrice
Promotrice remarquable des avantages d'être CGA, Jackie Poirier, d'Halifax, est la première présidente néo-écossaise du Conseil d'administration de CGA-Canada depuis 1950.
TIRÉ DU NUMÉRO : NOV.-DÉC. 2006 | PAR PEGGY HOMAN
À Calgary, une vieille tradition veut qu'on accueille les dignitaires en les coiffant d'un chapeau de cow-boy blanc. La présidente néo-écossaise du Conseil d'administration de CGA-Canada pour 2006-2007, Jackie Poirier, FCGA, a pu le constater elle-même au dîner du Conseil à la réunion de septembre. C'est d'ailleurs avec le large sourire qu'on lui connaît et un « merci » vraiment sincère qu'elle a accepté cet hommage.
Malgré son horaire chargé et un temps froid et venteux, Mme Poirier est passée de réunion en réunion très sereinement, mais avec toute la chaleur du chinook se glissant dans la ville. Son enthousiasme, sa détermination et son énergie positive sont contagieux. « Il faut absolument se fixer des objectifs ambitieux, dit-elle, en précisant qu'il est aussi important de ne pas s'imposer de limites. Le succès appartient à qui sait provoquer le destin sans craindre les défis », ajoute-t-elle avec pragmatisme.
Son discours révèle très vite un vif désir de se poser des défis et d'atteindre de nouveaux sommets. Fidèle à sa philosophie, elle refuse de s'imposer des limites. Une anecdote démontre qu'elle prend parfois au pied de la lettre le dicton « aide-toi, le ciel t'aidera ». Lorsqu'elle était cadette de l'air, elle a demandé une bourse de pilotage et, à sa grande surprise, l'a obtenue — même si l'idée de piloter un avion la pétrifiait. Surmontant sa peur, elle a obtenu son brevet de pilote. « Avant-même d'avoir mon permis de conduire! »s'exclame-t-elle en riant.
Mme Poirier, qui a grandi au Nouveau-Brunswick, s'est établie à Halifax pour étudier à l'Université Mount Saint Vincent. Elle voulait ardemment travailler au gouvernement fédéral mais il n'embauchait pas lorsqu'elle a obtenu son diplôme, avec distinction, en 1988. Munie d'un baccalauréat en administration des affaires axé sur la comptabilité et la gestion, elle est entrée au service de la Banque Royale et, très vite, a reçu une formation en gestion d'une durée de six mois. « J'ai supervisé une assez grosse équipe très tôt dans ma carrière, se souvient-elle. J'étais dans la jeune vingtaine et, en tant que directrice adjointe, je supervisais des personnes bien plus expérimentées que moi. Certaines d'entre elles travaillaient à la Banque depuis 25 ans et en savaient beaucoup plus que moi. J'ai donc appris dès le départ à faire confiance à mes employés et à leur donner mon appui. »
Mme Poirier a travaillé à la Banque deux ans. Comme elle tenait toujours à travailler au gouvernement fédéral, elle faisait régulièrement des demandes d'emploi, si bien qu'en 1990, elle s'est vu offrir un poste de vérificatrice. Sa carrière a progressé de façon continue et, en 1997, elle était directrice régionale à la Direction de la gestion intégrée de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada.
« Il est vrai qu'à cette époque, j'ai acquis de grandes forces sur le plan technique, mais ce sont mes aptitudes en relations humaines qui ont le plus contribué à mon succès comme vérificatrice. J'excellais à établir des relations constructives avec les responsables des organismes que je vérifiais. Et j'étais persévérante dans mon travail », dit-elle. Une mission de vérification lui laissa un souvenir mémorable. « Un jour, un client me dit que du matériel que je voulais voir était entreposé dans une remise au beau milieu de nulle part, et qu'il fallait s'y rendre en raquettes. Je lui ai donc demandé s'il avait des raquettes à me prêter. Lorsqu'il a réalisé que je n'approuverais pas ses états financiers tant que je n'aurais pas vu le matériel, il a trouvé le moyen de le faire livrer au bureau. Je n'ai donc pas eu besoin de chausser les raquettes! » se rappelle-t-elle en souriant; comme quoi il n'y a rien comme la persistance et la persévérance.
Elle doit aussi sa réussite à une attitude positive et une approche honnête. Tout au long de sa vie personnelle et professionnelle, Mme Poirier a établi des objectifs et a fait preuve d'une volonté inébranlable à les réaliser. Même si elle s'attribue une large part de sa réussite, elle n'oublie pas pour autant l'appui de sa famille, qui l'a encouragée à poursuivre ses rêves. « Mes parents m'ont toujours fortement appuyée et n'ont jamais établi de limites à mes rêves, soutient-elle. Ils me disaient qu'on n'a pas toujours ce qu'on mérite dans la vie, mais qu'en ayant des buts et en s'efforçant de les atteindre, on avait de bonnes chances d'être récompensé. »
La promotion obtenue par Mme Poirier en avril 2005 constitue un bon exemple de dur et long labeur récompensé. « J'étais à Hongkong pour affaires CGA et je n'avais que 24 heures pour soumettre ma candidature au poste de directrice régionale des ressources humaines à l'Agence du revenu du Canada (ARC) », se souvient-elle. Comme à l'époque où elle avait demandé une bourse de pilotage, Mme Poirier ne croyait pas avoir de grandes chances d'être choisie mais elle a quand même fait une demande. « Je peux dire en toute franchise que j'occupe maintenant l'emploi de mes rêves et j'adore travailler à l'ARC. C'est un organisme dont les activités sont très ciblées, qui est axé sur les affaires et bien géré, et qui offre des grandes possibilités aux CGA », dit-elle avec conviction.
« Une autre chose que j'aime beaucoup à propos de mon travail, c'est qu'il me permet de travailler avec mon premier superviseur, Bob Russell. C'était un patron fantastique et un véritable guide. L'une des choses les plus importantes que j'ai apprises de lui, c'est qu'il est possible d'équilibrer sa carrière et sa vie privée. J'ai besoin d'améliorer cet aspect de ma vie et quand je vois une personne aussi efficace que lui y parvenir, je me dis que c'est possible! »
Mme Poirier s'estime heureuse d'avoir pu travailler avec des dirigeants exceptionnels au fil des ans et elle a tiré des leçons précieuses simplement en observant leur style et leur approche. À ce sujet, elle croit que « pour être un gestionnaire efficace, il faut comprendre les besoins de chacun plutôt qu'essayer de gérer tous les membres d'une équipe de la même manière. Il ne faut pas pour autant accorder des faveurs particulières; il faut simplement individualiser son approche ». Elle ajoute que pour abattre de la besogne, on doit établir un climat de travail respectueux et former une équipe harmonieuse dont les membres s'entraident.
Mme Poirier s'est engagée dans l'Association peu après l'obtention du titre de CGA, en 1993. Lors d'une cérémonie de remise des permis qui avait lieu à Halifax, on l'a invitée à faire partie du Comité de marketing de CGA-Nouvelle-Écosse. « Peu après, j'ai entendu parler du Comité national de la formation et ça m'a semblé intéressant. J'ai donc décidé d'y participer. C'était une excellente occasion de rencontrer des gens de tout le pays, d'établir des relations avec eux et de m'assurer que la perspective de CGA-Nouvelle-Écosse — des CGA et des étudiants qui en sont membres — était concrètement prise en compte dans les discussions à l'échelle nationale », relate-t-elle. Cet objectif reste toujours au cœur de ses préoccupations.
En sa qualité de présidente du Conseil d'administration de l'Association, Mme Poirier souhaite surtout tirer parti des immenses progrès accomplis ces dernières années. Ayant été présidente du Conseil de CGA-Nouvelle-Écosse (de 1999 à 2000), membre du Conseil de CGA-Canada depuis 2001 et membre du Comité administratif depuis 2002, elle dispose d'une connaissance approfondie de l'Association et d'une vaste expérience sur les plans national et provincial. Sa participation à maints groupes de travail, notamment le Groupe de travail sur l'orientation des activités internationales, le Groupe de travail sur l'examen des activités traditionnelles, dont elle a été la présidente, et les comités des finances et de planification stratégique, à titre de présidente également, lui ont donné une meilleure compréhension des possibilités et des défis de l'Association. En 2002, en reconnaissance de son engagement indéfectible, l'Association lui a conféré le titre de FCGA.
« Nous bénéficions d'une orientation claire et d'un Conseil très efficace, et je suis déterminée à ce que ses membres continuent de former une équipe forte en vue de réaliser nos six objectifs stratégiques, dit-elle. Pour ce qui est des priorités, nous devons parvenir à obtenir les pleins droits d'exercice et nous efforcer de rendre le titre de CGA plus fort et plus visible au Canada et à l'étranger. Nous continuons d'appuyer la fonction de recherche afin que le produit de ce travail contribue de façon notable à l'élaboration des politiques publiques. »
Par ailleurs, Mme Poirier se réjouit que CGA-Canada travaille avec le Bureau du contrôleur général afin de promouvoir le titre de CGA auprès des professionnels des finances du secteur public. « Le rétablissement du Bureau, en 2003, a créé des possibilités formidables, qu'on soit un étudiant ou un professionnel en milieu de carrière », affirme-t-elle. La situation n'est plus ce qu'elle était en 1998, lorsque Mme Poirier a reçu son diplôme, et le gouvernement fédéral embauche actuellement des comptables.
Tandis qu'elle entame son mandat de présidente du Conseil, Mme Poirier pense déjà à son prochain grand objectif pour 2007. Elle est toujours très active auprès de l'Université Mount Saint Vincent et est membre du Comité consultatif du Centre for Women in Business, mais elle souhaite aussi s'acquitter de nouvelles responsabilités dans d'autres domaines. « Je me demande continuellement quel sera mon prochain défi, car je crois qu'il faut continuellement s'améliorer. En ce moment, j'ai envie d'ajouter une nouvelle corde à mon arc et je songe à m'inscrire au M.B.A. ou au M.P.A. dans un proche avenir. »
Lorsque ses responsabilités à l'égard de l'Association seront moindres, elle pourra consacrer plus de temps à ses autres intérêts, dont le jardinage, les recherches généalogiques, les voyages avec Paul, qu'elle a épousé il y a 13 ans, et les activités avec la famille et les amis. Pour l'année qui vient, cependant, le plus gros de son énergie sera centré sur les intérêts des CGA.
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Le plan stratégique : perspectives de croissance
Le plan stratégique de CGA-Canada s'inspire de trois principaux thèmes : offrir aux membres des services de grande valeur, jouer un rôle de premier plan au sein de la profession comptable et protéger le public. Intitulé Miser sur nos réussites et saisir les occasions qui se présentent, il a été rédigé par le Comité de planification stratégique dont la présidente était Jackie Poirier en 2005-2006. Le plan énonce six objectifs stratégiques :
- Veiller à l'équité professionnelle complète pour les CGA
En travaillant avec les associations affiliées à la création d'une stratégie intégrée, CGA-Canada fera en sorte d'obtenir l'équité professionnelle complète pour les CGA.
- Être l'organisme comptable professionnel qui connaît la plus forte croissance
L'Association appuiera les associations affiliées dans leurs efforts pour accroître l'effectif des CGA, tant en nombre absolu qu'en part du marché. Maintenir le titre en première position, pour ce qui est de la croissance, aura une grande valeur.
- Être un intervenant reconnu et respecté par la profession et le public
CGA-Canada offrira à ses membres des produits et des services qui répondent à leurs besoins. Elle fournira à la profession les meilleures normes et recherches, éclairera la population de la meilleure façon qui soit sur les politiques publiques et défendra les intérêts du public dans les dossiers importants.
- Protéger et améliorer notre position dominante dans la prestation de programmes de formation, d'accréditation et de perfectionnement professionnel
CGA-Canada doit prendre les devants pour satisfaire aux besoins du marché, tout en demeurant consciente des valeurs et des besoins changeants de ses membres. En étant partie prenante du changement, l'Association sera au premier plan dans la détermination de la direction qu'empruntera la profession dans l'avenir.
- Accroître la visibilité du titre, obtenir une reconnaissance étendue de l'image de marque et bien établir la valeur de la marque
CGA-Canada est résolue à promouvoir de façon proactive et dynamique la reconnaissance de l'image de marque du titre de CGA auprès des dirigeants d'entreprise et du public. La réussite de cet objectif stratégique passera par la recherche active, l'établissement et le développement de solides relations avec les principales parties prenantes susceptibles d'offrir à CGA-Canada des occasions d'accroître sa visibilité.
- Veiller à la santé de l'Association
Une solide santé organisationnelle est la clé du succès de toutes les stratégies établies par CGA-Canada. Établir les ressources humaines et financières nécessaires à la réalisation du mandat de l'Association, et veiller à ce que la gouvernance, les outils de gestion et les relations de travail se prêtent à ces objectifs, sont les éléments essentiels à la réalisation de sa mission. CGA-Canada souhaite se hisser au rang d'organisation modèle. |
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Peggy Homan est coéditrice et rédactrice en chef de CGA Magazine.