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À la défense des droits 

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Carrière > Article de fond

À la défense des droits

Le président du conseil d’administration de CGA-Canada, Ron Colucci, défend les pleins droits d’exercice en Ontario depuis près de 20 ans.


Près de Toronto, en longeant le lac Ontario, vers l’ouest, on traverse le village pittoresque de Port Credit pour arriver à Clarkson, un des quartiers les plus boisés et les plus anciens de Mississauga. C’est là, sur Lakeshore Road West, que se trouve le bureau de Ron Colucci, FCGA, expert-comptable et président du conseil d’administration de CGA-Canada pour 2007-2008.

M. Colucci est actif au sein de CGA-Canada depuis longtemps et ces 12 dernières années, il y a occupé maintes fonctions. Il a été membre du conseil d’administration pendant cinq ans et a siégé au comité national de la formation six ans, dont deux en tant que président. Il a aussi fait partie des groupes de travail chargés des dossiers des examens de la série ECAP, de l’exigence d’un diplôme universitaire et, plus récemment, de deux analyses liées à l’exercice en cabinet. Il est actif depuis 1992 auprès de CGA-Ontario, dont il a été président.

Travailleur acharné et fin politicien, il s’intéresse beaucoup à la politique fédérale et provinciale et s’y engage à fond. Son modeste bureau devient parfois le centre nerveux des activités financières de candidats locaux, et on y trouve des piles de documents sur le financement des campagnes électorales et les procédures officielles. Il a travaillé bénévolement comme directeur financier pour plusieurs candidats et a été agent officiel et agent financier pour un candidat dans Mississauga South.

« Ma famille était politisée et j’ai fait de la politique naturellement, explique-t-il. Ça m’a toujours intéressé. » M. Colucci possède un baccalauréat spécialisé en science politique de l’Université York, à Toronto. Il a fait ses premières armes en politique au début des années 1990, époque à laquelle il a rencontré plusieurs politiciens en faisant un lobbying assidu pour CGA-Ontario. L’un d’eux, Jim Flaherty, est l’actuel ministre des Finances fédéral. Sur les murs de son bureau, on voit d’ailleurs plusieurs photos de lui avec le ministre. « M. Flaherty était alors procureur général de l’Ontario et il était fermement convaincu qu’il fallait s’occuper du dossier de l’expertise comptable en Ontario », se rappelle-t-il.

La bataille pour l’équité

M. Colucci est un fervent défenseur des pleins droits d’exercice en Ontario depuis le début, dans les années 1990. Il précise rapidement qu’alors – et aujourd’hui encore – beaucoup de CGA travaillaient d’arrache-pied pour obtenir les pleins droits d’exercice. « Mon engagement remonte à la publication des rapports Wolff et Daniels et, plus récemment, à la présentation des projets de loi 213 et 94. Je suis toujours actif car nous continuons de faire des pressions pour préserver nos acquis. La protection de notre statut d’experts-comptables est cruciale, l’accès aux services d’expertise comptable demeurant limité. »

En Ontario, l’événement le plus important au fil des ans a été l’adoption de la Loi de 2004 sur l’expertise comptable (projet de loi 94) et, avec elle, la reconstitution du Conseil des comptables publics (CCP) en Conseil des experts-comptables (CEC), au sein duquel les CGA, les CMA et les CA sont dorénavant représentés (les comptables professionnels membres du CCP étaient uniquement des CA). M. Colucci représente CGA-Ontario, avec Vern Krishna, FCGA. Contrairement au CCP, le CEC comprend une majorité de membres du public sans lien avec la profession comptable.

Un poste au CEC est prestigieux mais représente aussi beaucoup de travail. M. Colucci se souvient d’une période particulièrement intense, en 2006-2007, où des réunions ont eu lieu toutes les semaines pendant six mois, tandis que le CEC redéfinissait son mandat. D’abord, il a fallu établir des normes précises et détaillées régissant la délivrance du permis d’expert-comptable en Ontario. Auparavant, c’était le CEC qui délivrait ces permis et il fallait être CA pour en obtenir un – ou bénéficier de circonstances atténuantes. Maintenant, le CEC continue de surveiller les organismes comptables mais ne délivre plus les permis. M. Colucci s’attend à ce que le CEC accorde le statut d’organisme désigné autorisé à CGA-Ontario. Les CGA pourront alors obtenir un permis d’expert-comptable s’ils respectent les normes obligatoires d’expérience, de formation et d’examen.

« Nos membres, explique-t-il, remplissent ou dépassent sans peine les critères de formation et d’examen, mais ont de la difficulté à remplir le critère d’expérience vu le petit nombre de CGA titulaires d’un permis d’expert-comptable en Ontario. Les CGA admissibles sont donc rares. Ceux qui travaillent dans les grands cabinets de CA désignés devraient satisfaire au critère de l’expérience immédiatement; le problème se pose pour les CGA qui exercent la profession en cabinet depuis plusieurs années. Que leur faudra-t-il faire pour satisfaire aux nouvelles exigences en matière d’expérience? Seuls quelques cabinets de CGA seront admissibles rapidement et ils ne pourront pas embaucher tous les CGA qui veulent travailler pour eux, les missions de vérification n’étant pas assez nombreuses. En outre, les CGA expérimentés devront surmonter des obstacles encore plus importants. Ils se demanderont probablement quand ils obtiendront leur permis, et si la transition en vaut la peine. »

De l’industrie à l’expertise comptable

Praticien exerçant seul depuis près de 20 ans, M. Colucci a entrepris sa carrière dans l’industrie à la division des vêtements pour femmes de Playtex Canada, à Mississauga. « C’était un travail parfait pour un jeune célibataire, raconte-t-il en riant. » Armé d’un M.B.A. de l’Université de Toronto à l’âge de 24 ans, il croyait avoir fait toutes les études nécessaires et se sentait prêt à faire sa place dans le monde. « C’était mon premier emploi après l’université et, dès le départ, mon patron m’a demandé quel titre comptable je voulais obtenir. »

Deux de ses collègues qui suivaient la formation de CGA l’ont encouragé à s’inscrire. « J’aimais bien la flexibilité offerte par le programme, poursuit-il. Un mois après, j’ai été promu et muté en Nouvelle-Écosse mais j’ai pu continuer à suivre mes cours par correspondance. » Une autre promotion l’a ramené à Toronto, un an et demi plus tard, où il a terminé ses deux derniers cours avant de devenir CGA en 1979.

« Pendant des années, j’ai travaillé dans l’industrie comme contrôleur ou trésorier. Mon engagement au sein de l’Association a commencé le jour où j’ai appelé CGA-Ontario pour demander un conseil et où je me suis rendu compte qu’on pouvait y trouver une foule d’information et beaucoup de soutien pour les membres. Le personnel était vraiment désireux d’aider. Avant cet appel, je ne connaissais tout simplement pas les services qui étaient offerts. »

M. Colucci explique que lorsqu’il a décidé de se lancer en affaires, il a compté sur CGA-Ontario encore plus. « J’ai commencé dans le sous-sol non fini de ma maison avec un ordinateur XT et les logiciels CanTax et SuperCalc dans un environnement DOS. Gayle, mon épouse, a configuré le système; des quatre membres de notre famille, c’est elle qui connaît le mieux l’informatique. L’ordinateur avait une capacité de stockage de 20 Mo, ce qui était énorme à l’époque. Je faisais encore des budgets sur papier et chaque fois que les chiffres changeaient, je devais reprendre une nouvelle feuille », se souvient-il avec amusement, en vantant les gains de productivité rendus possibles grâce à Internet et aux tableurs modernes.

Quelque 18 mois après avoir lancé son entreprise à domicile, il a fait équipe avec Bill Brown, un CGA qui avait un bureau à Streetsville, au nord de Clarkson. Ils se sont associés mais n’ont pas formé de société de personnes, contrairement à ce qui se faisait couramment chez les praticiens de petite taille en Ontario. « Bill a été mon mentor, raconte M. Colucci. Il m’a montré ses méthodes de travail. Sans lui, je ne sais pas si j’aurais persisté dans mon projet de bâtir une entreprise prospère. » Ils ont travaillé ensemble sept ou huit ans, puis M. Brown a pris sa retraite. C’est alors que M. Colucci a ouvert l’actuel bureau de Clarkson.

Ses clients sont surtout des propriétaires-exploitants de petites entreprises dans différents secteurs d’activité, et son premier client est toujours avec lui. « À mesure que les entreprises de mes clients prennent de l’expansion, il faut penser aux missions d’examen et cela devient un problème pour eux comme pour moi. C’est pourquoi j’ai une entente avec un des rares CGA titulaires d’un permis d’expert-comptable en Ontario. »

La grande priorité : le nouveau modèle de gouvernance

Lorsqu’on lui demande quelle sera sa priorité pendant l’année qui vient, M. Colucci répond sans hésitation : « Les défis ne manquent pas, mais un des plus importants est sans contredit la mise en œuvre du nouveau modèle de gouvernance de CGA-Canada, qui doit être menée de façon pragmatique et constructive et permettre à toutes nos associations d’apporter leur contribution et de voir leur travail apprécié. Je suis déterminé à ce que nous réussissions. »

Même si une année sépare encore CGA-Canada de la pleine mise en œuvre du nouveau modèle, il y a beaucoup de détails à régler en vue de préparer la transition. M. Colucci explique qu’il y aura désormais deux organes directeurs : un conseil d’administration, qui s’occupera des questions administratives, et un conseil d’affiliation, qui se chargera des stratégies et des politiques. « Un des principaux changements, explique-t-il, est la dissolution du comité administratif. Nous devrons mettre en place de nouveaux processus et une nouvelle structure de comités. »

M. Colucci est impatient de s’attaquer à ce défi. Il a gagné le respect de tous par son honnêteté, sa franchise et son professionnalisme et il est reconnu pour son esprit d’équipe et sa capacité à bâtir des relations constructives. Fort de ses années de bénévolat, il sait comment composer avec des situations difficiles. « J’ai dû faire face à l’adversité et j’ai appris à la surmonter, précise-t-il. C’est donc avec confiance que j’aborde mon rôle de président du conseil d’administration. L’année qui vient sera parsemée d’embûches, mais je me sens prêt et j’ai confiance dans ma capacité d’action positive. »

Cette approche positive pourrait l’aider à faire des progrès considérables dans un autre dossier qu’il juge hautement prioritaire. « Notre stratégie de marque fait problème depuis nombre d’années, admet-il. Nous devons harmoniser nos efforts et obtenir la collaboration de toutes les régions; il faut absolument faire avancer ce dossier. »

Un autre défi qui attend M. Colucci au cours des prochains mois est le déménagement du siège social de CGA-Canada, qui quittera les locaux qu’il occupe depuis longtemps au centre-ville de Vancouver pour un immeuble neuf à Burnaby. « Ce déménagement, explique-t-il, représente d’énormes difficultés sur le plan logistique, mais il nous permettra de tirer parti des nouvelles technologies et d’adapter l’espace à nos besoins. Il en découlera des gains de productivité dont nos membres bénéficieront. Nous avons la possibilité de prendre un nouvel essor, ce qui est important pour une association qui atteint sa maturité à l’échelle nationale et internationale. Nous devons renforcer et élargir nos partenariats internationaux et je crois que CGA-Canada peut être le pilier d’un réseau international solide et en croissance de comptables professionnels, qui offre un vaste éventail de possibilités à ses membres. Nous nous apprêtons à réaliser de grandes choses. »

Ron Colucci M.B.A., FCGA

CGA-CANADA

2006-2007   Vice-président
2006-2007  
Président du groupe de travail sur l’analyse concurrentielle des programmes
2004-2005  
Membre du comité de planification stratégique
2003-2005  
Président du comité national de la formation (CNF)
2002-2006 Membre du conseil d’administration
1999-2000 Membre du groupe de travail chargé de l’évaluation et de la révision du programme d’études
1996-1998 Membre du groupe de travail sur l’exigence d’un diplôme
1995-1996 Membre du groupe de travail sur l’examen d’agrément
1995-1996 Président du sous-comité des finances du CNF
1994-1996 Membre du sous-comité de planification stratégique du CNF
1994-1995 Membre du sous-comité des finances du CNF
1994-1996,
2002-2003
Représentant de l’Ontario au CNF
   

CGA-ONTARIO

2005-2006 Président sortant
2005 Membre du groupe de planification de l’association affiliée
2004-2005 Président
2004-2005 Président du groupe de travail sur la promotion de l’image de marque
2003-2004 Vice-président directeur, Comité administratif
1999-2004 Vice-président, secrétaire et trésorier de direction
2000-2001 Président du comité des relations gouvernementales
1992-1995,
1997-2005 
Membre du conseil d’administration
1999-2000 Président du groupe de travail sur la mise en œuvre des politiques
1997-1998 Membre du comité de liaison politique
1995-1996 Membre du groupe de travail sur l’examen des compétences professionnelles
1994-1996 Membre du comité de la formation (liaison avec le CNF)
1993-1996 Membre du comité d’organisation tactique
1993-1994 Président du comité de l’exercice en cabinet privé
1993-1994 Membre du comité de discipline
1991-1993 Membre du comité de l’exercice en cabinet privé
1992-1993 Président du sous-comité sur les cabinets incorporés
1992-1993 Membre du comité de vérification
1991-1992 Membre du comité des relations publiques
1991-1992 Membre du comité organisateur du congrès
1990-1991 Membre de la section de Peel et président du comité de l’exercice en cabinet privé

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