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La responsabilité et la bonne gouvernance 

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La responsabilité et la bonne gouvernance

L’absence de responsabilité exacerbe la corruption.


La bonne gouvernance, tant dans le secteur public que le secteur privé, représente toujours un défi. Nous présumons de l’honnêteté et de l’intégrité des gens, mais trop souvent, l’intérêt personnel, la cupidité et le manque de respect pour les droits d’autrui l’emportent sur l’obligation fondamentale de se conformer à l’éthique. La responsabilité est le moyen de s’assurer qu’une personne agit avec probité, en accord avec nos normes élémentaires d’éthique. C’est l’un des principes de base d’une gouvernance efficace dans les secteurs privé et public.

Je définirais la responsabilité comme une force indépendante du contrôle d’une personne qui l’amène à agir d’une certaine manière. Notre vie de tous les jours est guidée par une matrice invisible de responsabilités qui nous sont tellement familières que nous ne les remarquons pratiquement plus : payer les factures à temps pour bénéficier d’une bonne cote de crédit, respecter les limites de vitesse pour éviter les contraventions, bien faire notre travail afin d’assurer le bien-être de notre famille, etc. Nous adoptons certains comportements parce que nous craignons les conséquences  d’autres comportements. Et lorsque nos actions restent sans conséquences, nous avons tendance à agir différemment.

En affaires, la responsabilité est un ingrédient essentiel du résultat. C’est pourquoi, en tant que comptables, nous bâtissons une matrice de responsabilités destinée à assurer la transparence. La comptabilité en partie double, la séparation des tâches et les vérifications indépendantes sont une seconde nature pour nous. Nous munissons chaque système de contrôles pour repérer les problèmes graves comme la fraude et le vol le plus rapidement possible. Les entreprises investissent dans la responsabilité parce qu’elles connaissent les effets néfastes de l’absence de surveillance et de responsabilité sur les bénéfices et la réputation.

La responsabilité gouvernementale est devenue le point de départ de nombreuses réformes. L’adoption et la mise en application de la Loi fédérale sur la responsabilité ne sont qu’un exemple concret de cette tendance. La réforme du financement des partis politiques, un meilleur encadrement du lobbying et le renforcement des lois sur les conflits d’intérêts, entre autres, visent à améliorer la gouvernance et à accroître la confiance des Canadiens dans leurs élus et dans la fonction publique.

La responsabilité peut parfois être la clé d’une meilleure entreprise et d’un meilleur gouvernement. Malheureusement, dans beaucoup de pays, l’exploitation des ressources naturelles et la corruption gouvernementale sont inextricablement liées, et l’absence de responsabilité exacerbe la corruption. Devant ce problème, l’Organisation mondiale des parlementaires contre la corruption (GOPAC), que je préside, s’efforce de promouvoir la responsabilité des gouvernements en renforçant le rôle de surveillance des parlementaires. La GOPAC travaille à la réalisation de cet objectif en militant en faveur de la présentation des recettes que tirent les pays des ressources comme des éléments distincts dans les comptes publics. Même si cela peut paraître un progrès mineur, il a son importance. Si un parlementaire ne sait pas à combien s’élèvent les recettes, il ne peut pas demander au gouvernement de rendre des comptes sur les dépenses. La responsabilisation étant maintenant exigée par beaucoup d’actionnaires et de citoyens, les efforts de réforme ont une chance réelle de succès.

Des organisations de toutes sortes consacrent beaucoup de temps et d’argent à la surveillance efficace de leurs activités. Pourtant, on voit encore des exemples spectaculaires d’effondrement de la grille des responsabilités. Adopter le concept ne suffit pas et une bonne gouvernance exige une vigilance constante des dirigeants. Constater le problème, c’est facile; la difficulté consiste à le résoudre. La plupart des gens n’aiment pas être tenus responsables, mais c’est pourtant la base d’une gouvernance efficace et d’une société prospère.

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