|
TIRÉ DU NUMÉRO : SEPT.-OCT. 2007 | PAR VERN KRISHNA
La législation fiscale est truffée de boomerangs invisibles. Cela n’est nulle part plus vrai que dans les règles régissant la déductibilité des frais de garde d’enfants pour les mères au travail. La proposition du budget Harper d’accorder une prestation pour enfants de 100 $ par mois est un timide premier pas vers une solution à une crise croissante vécue par les professionnels.
Au Canada, à la remise des diplômes universitaires de 2007, plus de 60 % des nouveaux comptables, médecins et avocats étaient des femmes. Il s’agit d’un revirement à long terme des données démographiques, et il est primordial que les gouvernements s’efforcent de retenir ces diplômées.
L’augmentation du nombre de femmes au travail a entraîné une escalade des frais de garde d’enfants depuis 30 ans. Contrairement aux dépenses personnelles - alimentation et logement - qu’il faut engager que l’on travaille ou non, il y a un lien entre garde d’enfants et objet commercial. Si la mère ne peut travailler sans devoir engager des frais de garde d’enfants, l’argent déboursé par la famille à cette fin est évidemment associé au fait de gagner un revenu.
Dans de nombreuses circonstances, les parents, surtout les femmes, engagent des frais de garde d’enfants principalement pour pouvoir travailler. En fait, dans de nombreuses familles, les deux parents doivent travailler pour joindre les deux bouts. Tous les parents doivent prendre soin de leurs enfants, mais ceux qui travaillent à l’extérieur engagent des frais additionnels à ce titre, qui peuvent être directement et exclusivement associés au fait de gagner un revenu. Les frais de garde d’enfants devaient donc être déductibles comme frais professionnels selon les principes fiscaux conventionnels.
L’actuel régime de déductions et prestations pour enfants est un conglomérat anarchique de règles qui ne sont pas particulièrement efficaces ou bien adaptées aux besoins de la nouvelle économie. Le gouvernement devrait modifier la législation fiscale pour bonifier les déductions de frais de garde d’enfants, ou permettre leur déduction comme frais professionnels pour les femmes qui gagnent un revenu d’entreprise. La prestation annuelle de 1 200 $ en aidera quelques-unes, mais elle ne solutionnera vraisemblablement pas la crise qui nous guette alors qu’un nombre croissant de professionnelles quittent leurs fonctions pendant les premières années de la vie de leurs enfants.
[ Haut de la page ] |