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Composer avec les microgestionnaires
Des stratégies salutaires.
TIRÉ DU NUMÉRO : JANV.-FÉVR. 2008 | PAR MERGE GUPTA-SUNDERJI
Carl est excédé par son patron, Tristan. « Je fais ce métier depuis 20 ans, et j’ai toujours aimé mon travail. Mais ce n’est plus le cas. Tristan se mêle des moindres détails de mon quotidien et il refait tout derrière moi. Il va même parfois jusqu’à réécrire ses propres révisions parce qu’il a oublié qu’il les a déjà faites! Le problème, poursuit Carl, c’est que, bien que je sois un professionnel d’expérience, j’ai perdu tout intérêt à investir de l’énergie dans mon travail. Pourquoi le ferais-je puisque Tristan remettra en question toutes mes décisions et qu’il me faudra refaire l’exercice de toute manière? »
Carl n’est pas seul à éprouver cette frustration : maints cadres de niveau inférieur et intermédiaire s’en plaignent. Travailler pour un microgestionnaire est non seulement exaspérant, mais épuisant et déprimant. Si vous vivez ce genre de situation, vous savez exactement à quel point elle est déplaisante. Que faire pour bâtir de meilleures relations de travail, outre attendre que votre patron quitte son emploi, prenne sa retraite ou se transforme miraculeusement? Voici quelques conseils pratiques et salutaires.
De fréquentes mises au point
Il faut savoir que le microgestionnaire est terrifié à l’idée de perdre le contrôle. Aussi improbable que cela puisse paraître, cette anxiété provient presque toujours d’une faible estime de soi qui fait que le sujet a fréquemment besoin d’être rassuré. Une solution consiste donc à informer régulièrement votre patron quant au respect des échéances et des budgets. Dites-lui qu’il ne sera ni surpris ni embarrassé par des imprévus. Il a besoin qu’on lui répète que tout va bien et qu’il a tout bien en main.
Afin d’assouvir son besoin de contrôle, adressez à votre patron de fréquentes mises au point. Le simple fait de lui transmettre au début de la semaine un courriel résumant l’ensemble des questions à résoudre est une façon proactive de le tenir à l’écart (et de l’empêcher d’envahir votre espace!) durant le reste de la semaine. Plus votre attitude sera proactive, plus il est probable qu’il vous fera confiance et moins vous risquez de subir les affres de sa microgestion.
Cette stratégie est très vexante pour certains. « Pourquoi devrait-on ménager la faible estime de soi du patron? », demandent-ils. Eh bien, parce que si vous parvenez à réagir de manière positive, vous améliorerez vos relations de travail et votre état d’esprit.
Un changement de mentalité
Changez de mentalité et envisagez votre travail comme une ébauche. Votre patron vous exaspère parce que vous avez le sentiment de perdre votre temps à faire du sur-place. Puisqu’il est peu probable que votre patron change, il vous appartient de modifier votre façon de réagir. Commencez à produire un travail achevé à 80 % plutôt qu’à 100 %. Pour beaucoup de personnes, ce renoncement est difficile – après tout, le travail que vous accomplissez est un motif de fierté, et votre satisfaction repose sur la perfection. Passez par-dessus cet obstacle.
Un changement de réaction
Changez votre façon de réagir à l’attitude pointilleuse de votre patron. Plutôt que de vous en offusquer, évaluez ses critiques selon deux critères : pertinence et importance. Si le patron vous reproche votre façon de prononcer un mot, la critique est sans doute pertinente, mais sans importance dans un contexte global. Par contre, s’il souligne ce qu’il croit, à tort, être une erreur grammaticale, la critique n’est pas pertinente mais elle est importante. Dans chacun de ces cas, contentez-vous de répondre par une formule non compromettante comme « Merci de me l’avoir signalé » ou « Je vois ce que vous voulez dire ». Passez ensuite à autre chose sans ressasser ces remarques toute la journée.
Si exaspérants qu’ils soient, les micro-gestionnaires ne sont pas en voie d’extinction. Plutôt que de les laisser vous faire tourner en bourrique, appliquez une de ces stratégies pour améliorer vos relations de travail et votre paix d’esprit.
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Merge Gupta-Sunderji, M.B.A., CSP, CGA, fait des gestionnaires des leaders en leur donnant des outils pratiques qui les aident à mieux communiquer et diriger. www.mergespeaks.com, 403 605 4756.