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TIRÉ DU NUMÉRO : MAI-JUIN 2009 | PAR VERN KRISHNA
Une escroquerie à la Ponzi compte trois éléments essentiels : un combinard effronté, des investisseurs cupides et naïfs, et une autorité de réglementation somnolente. Son succès sera assuré tant qu’il y aura des poissons pour mordre à l’hameçon.
En 1921, Charles Ponzi avait dupé des résidents de la Nouvelle-Angleterre en les convainquant d’investir dans une affaire spéculative de timbres-poste. Il leur avait promis un rendement de 40 % en seulement 90 jours, sur la base de la différence entre les taux de change. Les comptes d’épargne n’offraient alors que 5 %.
C’est toutefois à Bernard Madoff que revient la première place au panthéon mondial de l’escroquerie financière. En effet, dans le scandale Madoff, certains des meilleurs banquiers et conseillers en placements ont cru au mirage de « revenus » annuels constants de 12 à 14 %, quelles que soient les conditions du marché. Naturellement, les investisseurs étaient ravis et ont même donné à M. Madoff encore plus d’argent. Ils ignoraient que le rendement qu’ils obtenaient provenait du principal d’autres investisseurs.
La seule différence entre les deux stratagèmes, c’est leur envergure : M. Madoff a réussi à soustraire aux investisseurs la somme astronomique de 50 G$ US! Ce septuagénaire à l’air aimable les a bernés pendant plus de 20 ans, et ce, au nez de la U.S. Securities and Exchange Commission et de la Financial Industry Regulatory Authority.
Pour aggraver les choses, les pseudo-revenus ont été traités comme des revenus imposables. Les gouvernements ont donc saigné les investisseurs encore davantage en percevant des impôts sur des revenus non existants, des impôts de l’ordre de 3 G$ chaque année.
Les victimes de cette fraude, en plus d’avoir subi des pertes immenses et d’avoir peu d’espoir de jamais revoir leur argent, sont maintenant aux prises avec une myriade de problèmes complexes en matière de lois de l’impôt et de la faillite. Ils doivent prouver que les revenus qu’ils ont déclarés n’étaient pas réellement des revenus, mais plutôt un rendement non imposable de leur propre capital.
Ce scandale sécrète une amertume particulière, car les premiers investisseurs doivent maintenant rendre l’argent qu’ils ont « gagné ».
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