Réflexions
La gestion du risque a besoin d’une réforme
| TIRÉ DU NUMÉRO : SEPT.-OCT. 2009 | |
PAR ANTHONY ARIGANELLO, CPA (DELAWARE), FCGA, PRÉSIDENT ET CHEF DE LA DIRECTION DE CGA-CANADA |
Confiance, intégrité, reddition de comptes. Voilà l’essence d’un système financier sain et fonctionnel; la base d’une économie solide et dynamique; le fondement d’une profession comptable efficace et respectée.
La plus grave crise économique mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale a toutefois durement ébranlé l’opinion publique à cet égard. Plus tôt cette année, le premier dirigeant d’une grande banque canadienne a dit devant un comité sénatorial des États-Unis que les banques américaines connaissaient les risques qui ont entraîné la crise, mais qu’elles étaient trop cupides pour prendre des mesures pour les éviter. D’après le PDG du Groupe Financier Banque TD, Ed Clark, ces risques étaient connus et auraient même fait l’objet de discussions. Il a affirmé, en audience, que tout le monde savait que le système hypothécaire américain avait largement dépassé la mesure et que, de l’avis de la plupart des banquiers, on accordait des prêts à qui mieux mieux. On prenait d’ailleurs des risques similaires mondialement.
Les plus diplomates ont plutôt blâmé le manque de discipline en matière de gestion du risque. C’est en chœur qu’on réclame des établissements financiers qu’ils changent leur mode de gestion des risques. Mais combien de prêteurs prévoient modifier substantiellement leur processus de gestion du risque? Je crains qu’il n’y ait encore trop de complaisance en matière de gestion, de communication et d’évaluation des risques. Une table ronde organisée par l’ACCA et CGA-Canada, ce printemps, a fait ressortir que le professionnalisme et l’éthique devaient prévaloir, et que les scénarios de gestion du risque devaient éclairer les décisions d’affaires.
Au Canada, les banques n’ont pas utilisé les manœuvres dévastatrices de leurs homologues étrangères, et nous en sommes très fiers. Selon le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, le système financier canadien devrait même servir de modèle. Si le secteur bancaire canadien a connu des ratés en prenant de l’expansion sur les marchés internationaux, les pertes sont minimes en comparaison. D’abord parce que ce secteur est bien réglementé. Comme l’a dit le premier ministre, nos lois sont raisonnables et non axées sur la microgestion. Ensuite, parce que les banquiers canadiens sont prudents, ce qui se reflète dans leur gestion des risques et des capitaux.
Le monde entier revoit ses processus de gestion des risques, et c’est très bien. Mais attendons de voir jusqu’à quel point des réformes importantes seront apportées, et si elles imprégneront la culture du secteur financier.
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