En sa qualité de chef de file, l’Association doit sans cesse prévoir les changements de l’environnement et adapter ses stratégies pour chercher de nouveaux débouchés. L’analyse de l’environnement permet de tisser des liens entre le passé, le présent et l’avenir. C’est la base même de la planification stratégique.
Les facteurs critiques suivants ont marqué la dernière décennie :
- la mondialisation de l’économie;
- la réduction des obstacles au commerce interprovincial;
- l’accroissement de la littéracie financière menant à une plus grande responsabilisation financière;
- le défi perpétuel que présente l’établissement de la confiance dans la gouvernance d’entreprise;
- le vieillissement de la population;
- la grande complexité de la réglementation et de la surveillance de la profession
en raison des sphères de compétence partagées fédérale et provinciale.
Dans le contexte de la profession comptable, il est clair que les questions suivantes auront une incidence :
- le resserrement de la surveillance et l’accroissement des litiges;
- la concentration croissante des cabinets;
- les changements démographiques;
- l’intensification de la concurrence;
- l’empiètement de la technologie sur les champs d’exercice traditionnels;
- une clientèle mieux renseignée.
Pour surmonter ces défis, CGA-Canada a adopté, en 2006, une stratégie tenant compte du besoin de faire preuve de flexibilité et de réagir aux changements, de définir clairement la marque CGA, et d’adapter le programme de formation aux réalités du monde des affaires.
L’environnement actuel
À quel point ces facteurs sont-ils pertinents dans le paysage professionnel et réglementaire de 2010? Il est important de noter qu’aucun événement n’aura à lui seul tant changé la conjoncture mondiale récente que la profonde récession qui s’est déclarée à la fin de 2008 et qui n’a épargné aucun pays. Après une période extraordinaire de stabilité et de croissance économiques, les économies les plus grandes et les plus développées ont dû faire face à une grave période récessionniste marquée par des faillites, des compressions budgétaires et une hausse du chômage.
Les économies mondiales émergent peu à peu de cette grave récession, et la croissance économique reprend, mais à un rythme beaucoup plus lent. Entretemps, on s’attend à ce que les économies émergentes comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine jouent un rôle important dans la reprise économique et à ce qu’elles aient par conséquent une influence plus prononcée sur la scène mondiale.
La mondialisation et l’interdépendance économique ont également fait ressortir la vulnérabilité des économies locales au resserrement du crédit et à la récession qui en a découlé.
L’exubérance des investisseurs, la faiblesse des normes de souscription, le manque de rigueur dans la gestion des risques, la complexité croissante des produits financiers et l’endettement excessif se sont conjugués pour créer des vulnérabilités dans le système économique mondial. Parmi les principaux facteurs à l’origine de la situation actuelle, il convient de mentionner les politiques macroéconomiques divergentes et insuffisamment coordonnées ainsi que les réformes structurelles inadaptées.
Tout en reconnaissant que les marchés financiers et les régimes de réglementation relèvent au premier chef des organismes de réglementation nationaux, le G-20 est conscient de l’envergure mondiale des marchés financiers et de la nécessité d’intensifier la coopération internationale. En plus de prendre des mesures pour stabiliser le système financier, les dirigeants du G-20 ont eu recours à des mesures fiscales pour stimuler la demande intérieure et améliorer la stabilité économique.
Entretemps, la réforme des marchés financiers suit son cours, quoique lentement, et l’on s’attend à ce qu’elle entraîne un accroissement de la transparence et de la reddition de comptes, une amélioration de la rigueur de la réglementation et un renforcement de la coopération internationale.
Vers la fin de 2008, l’International Accounting Standards Board et le Financial Accounting Standards Board ont créé le Financial Crisis Advisory Group, qu’ils ont chargé d’étudier les problèmes qu’a fait ressortir la crise sur le plan de l’information financière. Les travaux de ce groupe soulèveront sans doute des questions auxquelles la profession devra s’attarder sur le plan des normes de comptabilité et de vérification.
La situation au canada
Au Canada, on a constaté des signes de reprise économique encourageants au début de 2010. Une reprise canadienne forte et soutenue à moyen terme n’est toutefois pas encore complètement assurée. Il semble en effet, selon des informations récentes de la Banque du Canada, que la reprise mondiale sera lente et que les administrations des différents pays doivent éviter de tomber dans la complaisance.
Au Canada, le secteur bancaire et le secteur du logement vont relativement bien. Le gouvernement fédéral continuera de tenir la bride aux dépenses discrétionnaires et de supprimer les programmes et services jugés superflus. Il est en outre possible que le volume des exportations demeure faible en raison de la force du dollar canadien.
En quoi cette situation touche-t-elle notre profession?
Pour les professionnels comptables, l’enjeu est double. D’abord, il est possible que la valeur des comptables augmente en ces temps économiques difficiles puisqu’ils deviendront des professionnels et conseillers en affaires recherchés. Deuxièmement, l’évolution du paysage réglementaire pourrait avoir une incidence sur la façon dont les comptables mènent leurs activités et sur la façon dont ces dernières sont réglementées.
La forte concentration des cabinets de vérification et l’écart de plus en plus important entre les cabinets de vérification de grande et de moyenne taille demeurent une préoccupation dans différents pays. Certains sont d’avis que le problème pourrait être atténué si on éliminait les restrictions relatives à la propriété en permettant à des non-professionnels d’investir dans les cabinets de vérification. Il est toutefois à craindre qu’un relâchement des règles relatives à la propriété et au contrôle ait pour effet de réduire la qualité des vérifications et de compromettre l’indépendance des vérificateurs.
L’offre et la demande de professionnels comptables
Selon l’enquête mondiale menée par l’IFAC auprès des dirigeants des organismes comptables en 2009, la demande de services comptables demeurera forte.
La grande majorité des répondants à l’enquête de l’IFAC ont indiqué que les enjeux les plus importants étaient la protection de la réputation de la profession, la satisfaction des besoins des PME et des PMC, et la formation et le perfectionnement continus des professionnels comptables.
Le paysage concurrentiel
Nos concurrents canadiens admettent, dans leur plan stratégique, qu’ils sont confrontés à une diminution de leurs effectifs, une surcharge de normes, une concurrence intense, une érosion de la part de marché, un risque de poursuites et une fragmentation de la profession.
Il existe d’autres facteurs concurrentiels qui ont une incidence sur notre marché professionnel. Les titres tels que « vérificateur interne » ou « certified government accountant » sont de plus en plus reconnus dans les milieux gouvernementaux. Le titre de M.B.A. continue de jouir d’une reconnaissance considérable. Au fur et à mesure que l’économie se contracte et que le taux de chômage augmente, les particuliers continueront pourtant de chercher des moyens d’actualiser leurs compétences. Entretemps, l’Association des CGA maintient sa position concurrentielle avantageuse sur le marché, tant par sa présence que sa croissance.
L’évolution de la réglementation
La reddition de comptes sera toujours le mot d’ordre, non seulement dans le secteur public mais aussi dans le secteur privé. L’information sur le développement durable sera de rigueur. Les gouvernements ne verront pas d’un bon oeil les professions qui continuent de se fermer à la concurrence ou dont l’accès est restreint. La reconnaissance des professionnels formés à l’étranger continuera de s’accroître. Les obstacles au commerce et aux services seront réduits ou éliminés. Les gouvernements joueront un rôle plus important que par le passé, le public ne semblant pas estimer que le secteur privé se montre à la hauteur. Les consommateurs s’attendront à ce que le gouvernement intervienne lorsque leur santé et leur sécurité sera en jeu.
Le monde change à un rythme sans précédent. CGA-Canada et ses associations affiliées ont réussi à établir un titre comptable fort et prestigieux. C’est sur cette base solide que se fondera la stratégie pour l’avenir.
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