D’après un rapport de l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada), l’injection de dizaines de milliards de dollars dans les hôpitaux canadiens sans en mesurer le rendement est une manière peu efficace d’aborder les dépenses de santé.
« La hausse des investissements peut permettre l’augmentation des soins, mais pas nécessairement leur amélioration, affirme le vice-président, Recherche et normalisation à CGA-Canada, Rock Lefebvre. En l’absence de critères d’optimisation des ressources, les hôpitaux et les administrations publiques ne peuvent pas savoir s’il aurait été plus productif d’injecter les mêmes sommes ailleurs dans le système de santé. »
On peut consulter les faits saillants du rapport Aller mieux à moindres coûts? L’optimisation des ressources dans les soins de santé au Canada, de même que la version intégrale du rapport, sur le site Web de CGA-Canada.
On estime qu’en 2010, les hôpitaux canadiens ont reçu 55,3 milliards de dollars, soit 28,9 % des investissements dans les soins de santé. Ils représentent ainsi le principal poste de dépenses de santé des gouvernements provinciaux. Ces dépenses, qui sont engagées notamment pour le personnel, les lits et la technologie, devraient grimper avec le vieillissement de la population, l’allongement de l’espérance de vie et le coût élevé des innovations. L’adoption d’indicateurs d’optimisation des ressources pourrait permettre de les endiguer.
Avant de s’engager à investir dans la hausse des capacités en médecins, en lits d’hôpital ou en technologies de diagnostic, les responsables des politiques doivent définir des indicateurs cohérents et transparents de l’optimisation des ressources qui refléteront l’accessibilité des soins, leur qualité, leurs effets sur la santé des patients et leurs coûts, et qui seront contrôlés et suivis régulièrement de même que comparés entre les établissements. Des indicateurs établis de manière uniforme pour tous les hôpitaux et rendus publics permettront, outre la comparaison, l’échange des pratiques exemplaires.
« Malheureusement, notre système de soins de santé ne comporte pas encore de points de repère pour l’évaluation de l’efficience et de l’efficacité des soins, souligne M. Lefebvre. La communication et la comparaison des indicateurs d’optimisation donneraient aux directions d’hôpital, aux contribuables et aux responsables des politiques une meilleure idée de ce pourquoi nous payons. »
D’après l’étude, certains indicateurs de résultat privilégiés, notamment les temps d’attente, peuvent éclipser d’autres mesures de la qualité. En outre, même si la rémunération au rendement est prometteuse, il faut en étudier davantage la mise en œuvre et l’efficacité.
Au chapitre de l’optimisation des ressources, le Canada est arrivé dernier parmi les 30 pays figurant au classement de l’indice sur la performance des systèmes de santé au Canada et en Europe en 2008 et en 2009, et il s’est classé 25e parmi 34 pays (dont les États-Unis étaient exclus) en 2010. De plus, selon les résultats d’une enquête du Fonds du Commonwealth, le Canada se classe sixième parmi six pays à ce chapitre.