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Les effets des IFRS sur les ratios financiers : premiers signes au Canada 

Note d’information

Cette publication de CGA-Canada s’intéresse à un sujet on ne peut plus actuel, à savoir l’incidence de l’adoption des Normes internationales d’information financière (IFRS) sur les principaux ratios financiers des sociétés ouvertes canadiennes qui basculeront à ce nouveau référentiel d’information financière cette année. Les IFRS remplacent les principes comptables généralement reconnus (PCGR) du Canada pour les entreprises ayant une obligation d’information du public et ont une incidence sur les chiffres présentés dans les états financiers. Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement pourraient modifier certains ratios financiers qui sont les indicateurs clés utilisés par les investisseurs pour évaluer la performance financière d’une société. Les différences au chapitre des ratios pourraient compromettre la comparabilité et l’analyse des tendances historiques. Ce rapport fait état de mesures qui permettraient d’aplanir ces difficultés. Les sociétés sont tenues initialement d’établir des états financiers selon les deux référentiels comptables.

Faits saillants du rapport

La plupart des ratios sont plus volatils selon les IFRS que selon les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement

  • Les valeurs maximales de plusieurs ratios sont plus élevées et les valeurs minimales, plus faibles, selon les IFRS, bien que les répercussions des IFRS sur les valeurs moyennes et médianes des ratios liés à la situation financière des sociétés ne soient pas significatives du point de vue statistique.
  • Il existe une différence significative dans la distribution des valeurs autour de la valeur médiane pour des ratios comme les ratios de liquidité générale et relative, les ratios d’endettement, d’endettement modifié et des capitaux propres, le ratio de couverture des intérêts, le ratio de couverture des charges fixes, le ratio de couverture par les flux de trésorerie, le rendement de l’actif, le rendement global de l’actif et le ratio cours/bénéfice.
  • La cause exacte de l’accroissement de la volatilité des ratios établis selon les IFRS demeure incertaine. Il pourrait notamment être attribuable aux ajustements supplémentaires requis selon les IFRS et au fait que, reposant sur une approche axée sur les principes, les IFRS laissent une plus grande place à la discrétion et au jugement de la direction.

Les différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement n’ont pas d’incidence sur les flux de trésorerie

  • Les méthodes et estimations comptables ont moins d’influence sur le tableau des flux de trésorerie, qui peut donc servir de base de comparaison solide.

L’incidence des IFRS peut varier selon le secteur d’activité et le délai écoulé depuis la transition de la société aux IFRS

  • Les sociétés du secteur minier semblent avoir intérêt à adopter les IFRS de façon anticipée, à en juger par le fait que les sociétés ayant opté pour une adoption anticipée sont principalement des sociétés de ce secteur.
  • L’incidence du basculement aux IFRS sur les ratios de rentabilité et de couverture est plus prononcée pour les sociétés minières que pour les sociétés d’autres secteurs d’activité.
  • Les sociétés qui ont adopté les IFRS plus récemment affichent une rentabilité plus faible que celles qui appliquent les IFRS depuis un certain temps.

L’incidence des IFRS sur les ratios financiers résulte de différences dans l’application de la comptabilisation en juste valeur et de la consolidation, et de plusieurs autres différences

  • La comptabilisation en juste valeur donne lieu à des ajustements aux chiffres du bilan, à l’inscription directe de certains profits et pertes latents en résultat net, ainsi qu’à l’inscription d’autres profits et pertes latents en autres éléments du résultat global.
  • Les pratiques relevant de la comptabilisation en juste valeur ont une incidence sur les ratios de liquidité et de levier financier en raison des variations du bilan, ainsi que sur les ratios de rentabilité et de couverture en raison des variations du bilan et de la comptabilisation de profits et pertes latents.
  • L’incidence de la consolidation sur les ratios est difficile à cerner, car les différences sont intégrées ou combinées aux chiffres consolidés. L’inclusion des participations ne donnant pas le contrôle dans les capitaux propres a également une incidence significative sur les états financiers, et elle influe directement sur les ratios de rentabilité et de levier financier.
  • D’autres différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement ont une incidence sur les ratios financiers. Les ratios de levier financier et de rentabilité sont sensibles aux différences relatives au test de dépréciation auquel sont soumis les actifs non courants, ainsi qu’aux répercussions sur les passifs, les charges et les capitaux propres des différences dans l’application des normes relatives aux contrats de location, aux régimes de retraite, aux éventualités et aux paiements fondés sur des actions.

Les IFRS présentent des caractéristiques distinctives par rapport aux autres référentiels comptables

  • Les IFRS sont axées sur des principes; elles accordent la primauté à la substance (qui l’emporte sur la forme) et offrent à la direction une plus grande latitude quant au choix des méthodes comptables et des estimations servant à la préparation des états financiers.
  • La comptabilisation en juste valeur répond au besoin qu’ont les utilisateurs d’une information qui reflète les valeurs de marché, mais elle fait intervenir divers degrés de subjectivité. Comme les investisseurs ont besoin des valeurs de marché pour prendre des décisions en matière d’achat ou de vente d’actions, de nombreux postes des états financiers doivent ou peuvent être comptabilisés à la juste valeur selon les IFRS.
  • Le résultat global reflète les produits, les charges, les profits et les pertes comptabilisés au cours d’une période donnée. Il est résumé dans un état financier distinct constitué de deux parties, l’une correspondant au résultat net du compte de résultat et l’autre, appelée « autres éléments du résultat global », se rapportant aux ajustements de la juste valeur.
  • Selon la théorie de l’entité qui sous-tend la consolidation, les actifs et les passifs des filiales acquises et les participations ne donnant pas le contrôle doivent être évalués à la juste valeur. Selon les IFRS, la quote-part du résultat attribuée aux participations ne donnant pas le contrôle est comptabilisée directement en capitaux propres plutôt qu’en résultat net.
  • Les IFRS rehaussent la transparence et l’exhaustivité des états financiers, mais elles peuvent donner lieu à une surcharge d’information, car les notes annexes sont abondantes et complexes.

Recommandations

  • Les analystes devraient continuer de faire preuve de circonspection lorsqu’ils examinent les ratios financiers dans le contexte de la transition aux IFRS au Canada.
  • Les utilisateurs des états financiers doivent être au fait des principales différences entre les IFRS et les PCGR canadiens en vigueur avant le basculement, et faire la distinction entre les variations de la performance présentée qui résultent de la transition aux IFRS et celles qui résultent de changements touchant l’entreprise elle-même.
  • Il est recommandé de s’appuyer sur l’analyse des flux de trésorerie, surtout dans les cas où les pratiques comptables font l’objet d’une incertitude ou d’un choix exercé par la direction. Une autre solution pourrait consister à recalculer les ratios au moyen de l’information retraitée rétrospectivement selon les IFRS présentée dans l’exercice de transition.
  • Il est conseillé aux utilisateurs des états financiers de s’assurer de l’uniformité des chiffres sous-jacents lorsqu’ils utilisent les ratios de la marge brute et de la marge d’exploitation dans le cadre de leur analyse de la rentabilité.
  • L’utilisation du rendement global de l’actif et du rendement global des capitaux propres est recommandée pour accroître la comparabilité lorsqu’on analyse le résultat global. Ces ratios sont une variante du rendement de l’actif et du rendement des capitaux propres standard dans laquelle on utilise plutôt le résultat global comme numérateur.

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CGA-Canada | Dernière mise à jour : 2011-05-20

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