Dans Point de mire, une publication traitant de questions d’actualité économique importantes, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a publié une étude sur la capacité des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) d’influencer les comportements liés à l’épargne, et sur la pertinence, pour le gouvernement fédéral, d’adopter une nouvelle approche politique afin de stimuler l’épargne-retraite privée.
Faits saillants du rapport
Voici, selon cette étude, comment se manifeste le déclin de la capacité des REER à stimuler l’épargne chez les Canadiens :
Facteurs socio-économiques
- Le déclin de la popularité des REER, depuis 1998, ne serait pas problématique si les Canadiens leur avaient préféré un autre mode d’épargne. Toutefois, si on considère l’évolution de certains facteurs socio-économiques au cours de la décennie (baisse de la protection assurée par les RPA, évolution de la composition par âge de la population, demande de main-d’œuvre et dynamique du revenu), l’utilisation des REER aurait dû grimper. Or, cela n’a pas été le cas.
Encouragements fiscaux
- Les modifications dans les taux d’imposition fédéral et provincial et la surtaxe peuvent contribuer sensiblement à persuader ou à dissuader les particuliers de verser des cotisations à un REER.
- Les changements d’attitude à l’égard des REER, à l’intérieur de chaque tranche de revenu, ne semblent pas modelés sur l’évolution des encouragements fiscaux.
- Les avantages fiscaux de la participation aux REER ont sensiblement diminué au cours de la dernière décennie, en particulier pour les Canadiens à revenu moyen et à revenu élevé, et cette diminution est plus marquée encore dans l’Ouest canadien. En raison des changements apportés aux avantages fiscaux liés aux REER, on se serait attendu à ce que la participation aux REER des particuliers à faible revenu demeure relativement inchangée, et à ce que celle des Canadiens à revenu moyen ou élevé diminue, mais cela n’a pas été le cas. La participation des particuliers à faible revenu a diminué, tandis que celle des particuliers dont le revenu est plus élevé a augmenté.
Préférences individuelles
- L’habitude de cotiser aux REER s’érode, et ce comportement est entré dans les mœurs. Les particuliers puisent souvent dans leur REER avant leur retraite, ils cotisent moins souvent aux REER, et le montant des droits de cotisation inutilisés augmente.
- Le régime fiscal auquel est assujetti un particulier (tout comme les encouragements fiscaux liés aux REER) dépend largement de la situation économique et sociale du particulier. La nature de cette situation se rattache principalement à la province de résidence du contribuable, à son niveau de revenu personnel et à la source de ce revenu, à son âge, à son état matrimonial et au nombre des personnes à sa charge.
Même si le programme des REER a subi des transformations et des améliorations considérables, CGA-Canada estime que la politique à cet égard doit être améliorée. À la lumière de la récente crise financière et du repli économique qu’a subi le Canada, les REER sont avantageux pour les Canadiens et font partie intégrante d’une stratégie financière solide.
Recommandations
Les recommandations de CGA-Canada énumérées ci-après visent à remédier à la baisse d’intérêt des Canadiens pour les REER en les encourageant à investir dans ce programme :
Cotisation obligatoire
- Adopter une approche politique plus efficace ou différente propre à encourager l’épargne-retraite privée.
- S’inspirer d’autres expériences dans le monde qui mettent à profit le principe d’inertie naturelle des gens pour les encourager à épargner. Par exemple, la participation initiale à un régime de retraite privé obligatoire qui permettrait un retrait selon certaines conditions liées à la durée.
Faire de l’investissement un mode de vie
- Les programmes de formation financière et de sensibilisation à la finance sont de bons moyens d’informer les contribuables sur les REER et les avantages qu’ils procurent.
- Les méthodes traditionnelles semblent avoir lassé et rebuté les Canadiens; 59 % d’entre eux affirment détester se faire dire qu’ils n’épargnent pas assez pour la retraite.
- La façon dont l’information est communiquée aux Canadiens doit être repensée afin que les programmes de formation et de sensibilisation donnent les résultats positifs.
En ces temps d’incertitude économique, et étant donné les ressources financières limitées dont disposent les ménages pour subvenir à leurs besoins prioritaires et souvent conflictuels, la décision d’investir dans un REER revêt une plus grande importance encore.
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CGA-Canada | Dernière mise à jour : 28 janvier 2009