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Résumé 

Savoir vieillir : Implications sociales et économiques du vieillissement de la population

Alors que les aînés représentaient 12,6 % de la population du Canada en 2001, on prévoit qu’ils constitueront 19 % de la population totale de ce pays en 2021, soit près de 7 millions de personnes, et que ce pourcentage grimpera à 25 % en 2041. En 2000, les personnes d’âge moyen composaient presque 33 % de la population canadienne; ce groupe était alors constitué de la génération du baby-boom, née entre 1947 et 1966. Lorsque les premiers baby-boomers atteindront 65 ans en 2012, nous constaterons une accélération marquée du nombre de personnes âgées et de leur proportion dans la population. En outre, même si l’on ne vieillit pas au même rythme dans tous les pays, les tendances démographiques établies en 2000 pour les autres États développés révèlent un changement dans la répartition par âge qui est également lié au recul du taux de fécondité et à l’augmentation de la longévité moyenne. Dans cette optique, nous reconnaissons que le véritable défi ne tient pas uniquement au nombre des personnes âgées, mais à leur proportion par rapport aux personnes plus jeunes.

Dans le cadre de la présente étude, un certain nombre de préoccupations ont émergé, allant des doutes que l’on entretient au sujet de la demande accrue à l’égard d’un système de santé déjà affaibli jusqu’à la viabilité du système de pensions de l’État, en passant par le recul de la capacité économique et de la croissance qui est rattaché au vieillissement et à la diminution de la main-d’œuvre ainsi qu’à l’accroissement des responsabilités sociales. Sans aucun doute, le temps est-il venu de revoir les idées reçues sur lesquelles reposent les positions et les attentes de notre nation.

Si l’on admet que le nombre de personnes âgées ira croissant et que le processus de vieillissement constitue en soi un élément déterminant de la
détérioration de la santé, on peut raisonnablement s’attendre à ce que s’intensifie la demande à l’égard des ressources en matière de soins de santé.
D’après les données de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), on évalue à 121 milliards de dollars, soit près de 4 000 $ par personne, le total des dépenses de santé du Canada pour l’année 2003. Selon le Conference Board du Canada, ce chiffre passera à 147 milliards de dollars en 2020 et la part de cette somme représentant le financement public totalisera 102,5 milliards de dollars. On estime que le Canada a dépensé 10 % de son produit intérieur brut (PIB) en soins de santé en 2001; le pays s’est ainsi classé quatrième au monde en ce qui touche le rapport de ses dépenses de santé à son PIB. Compte tenu des pressions à la hausse qui devraient résulter des effets des inducteurs de coûts (croissance de la population, vieillissement, demande, prévalence accrue des maladies chroniques et inflation) et des facteurs d’augmentation des coûts (produits pharmaceutiques, soins à domicile, nouvelles technologies et travailleurs de la santé), le coût des soins de santé continuera d’attirer considérablement l’attention. Étant donné les progrès qu’il a réalisés au chapitre des meilleures pratiques et l’apprentissage qu’il a tiré des expériences d’autres pays, où le vieillissement de la population est déjà plus avancé et
qui ont géré leurs coûts efficacement, le Canada aurait intérêt à envisager la possibilité de restructurer le financement de la prestation des soins de santé, de réformer le système de santé pour répondre aux besoins des aînés et d’adopter des politiques centrées sur la qualité de la vie ainsi que des modèles de rentabilité (coûts-avantages) mieux adaptés.

La transformation de la démographie au Canada se répercute également sur la population active et les tendances correspondantes en matière de disponibilité de la main-d’œuvre. Nous constatons que la retraite avant 65 ans est un phénomène répandu qui contribue à aggraver les effets conjugués de l’imminence de la retraite de la génération du baby-boom et de l’exiguïté de la relève. En fait, on observe actuellement que les deux tiers des Canadiens prennent leur retraite avant l’âge ouvrant plein droit aux prestations du Régime de pensions du Canada ou du Régime de rentes du Québec, soit 65 ans. Les secteurs de l’éducation et de la santé sont particulièrement exposés à perdre une part considérable de leurs travailleurs en raison de l’âge relativement jeune fixé pour le départ à la retraite dans ces secteurs et des généreuses primes d’encouragement qui rendent ce départ encore plus attrayant. D’autres secteurs font face à une pénurie de travailleurs qualifiés (ouvriers spécialisés des métiers de la construction, technologues et techniciens médicaux, mécaniciens d’aéronef, policiers, etc.). Malgré le rôle déterminant que jouera l’âge des travailleurs dans les différentes professions, nous insistons sur le fait que d’autres éléments importants, voire des obstacles, contribueront à la pénurie de travailleurs qualifiés, notamment la durée de la formation ou les ressources qu’elle exige, les critères de sélection, la mobilité géographique des travailleurs et les conditions de travail particulières qui peuvent rendre difficile le recrutement ou la fidélisation du personnel. Selon le succès des différents correctifs apportés, un certain nombre de mesures complémentaires peuvent être prises pour atténuer les difficultés actuelles et prévues. Instaurées sous la forme de politiques, tant générales que centrées sur le travail, des stratégies favorisant l’augmentation des taux de reproduction, l’immigration, la participation au marché du travail dans certains groupes choisis, le mentorat et le prolongement de la vie active ainsi que des stratégies de réaffectation progressive de la main-d’œuvre seront mises en application simultanément. Les progrès technologiques et la mondialisation des marchés transforment les pays industrialisés, qui passent d’une économie de ressources à une économie du savoir. En mettant en évidence l’importance de plus en plus grande que revêt le capital humain comme moteur de croissance, on reconnaît également le potentiel d’élargir la population active disponible qui peut contribuer à ralentir l’érosion ou le rétrécissement prévu des recettes fiscales découlant des revenus salariaux.

Dans le contexte du vieillissement de la population, l’on réduit parfois l’importance des possibilités de dissension entre les générations. Soit, il se peut que la population en âge de travailler soit de plus en plus sollicitée pour soutenir, financièrement ou autrement, une partie de plus en plus grande d’une population dont la capacité productive individuelle a diminué et qui exige des soins et du soutien additionnels. Il importe de noter, toutefois, que les générations plus jeunes profiteront elles aussi de la richesse considérable transmise par leurs aînés par le biais d’échanges commerciaux, d’impôts et d’héritages. Bien que nous n’ayons pas, dans le cadre de la présente étude, effectué de recherches expérimentales sur les répercussions des revenus collectifs, nous possédons des connaissances qui nous permettent de reconnaître que les pressions dont nous avons fait état précédemment seront atténuées, au moins dans une certaine mesure, par les régimes sociaux actuels et les échanges de richesses qui se produiront naturellement au fil du temps. Il faut convenir qu’il peut y avoir un écart de temps entre l’engagement des frais et les retombées gouvernementales et sociétales, mais il serait inconsidéré de ne pas tenir compte de ce lien causal. Notre attitude à l’égard de la conciliation de ces décalages et à l’égard de nos propres comportements individuels et collectifs en matière de dépenses détermineront pour une large part le degré de succès avec lequel nous manœuvrerons au cours des prochaines décennies. L’on peut se réjouir du fait que la situation actuelle nous donne amplement la possibilité de déterminer quel héritage nous souhaitons constituer à l’intention des générations futures.

Dans notre recherche de politiques visant la réalisation de ces objectifs positifs, nous nous sentons tenus de défendre des principes d’équilibre qui, tout en imposant des normes minimales de bien-être pour tous, permettraient utilement aux Canadiens d’assumer plus pleinement leurs responsabilités et d’acquérir plus d’autonomie dans leur vie. La planification est une entreprise commune dans le contexte de laquelle l’État, les collectivités et les particuliers sont responsables d’éléments différents et complémentaires qui forment un tout. Partisane d’une vision holiste, CGA-Canada préconiserait que l’on témoigne d’une responsabilité individuelle accrue en élaborant avec rigueur les programmes financiers des Canadiens moyens. Considérés comme étant avantageux pour les Canadiens compte tenu des cotisations individuelles, les programmes gérés par l’État, notamment le Régime de pensions du Canada (RPC), la Sécurité de la vieillesse (SV), le Supplément de revenu garanti (SRG), les Allocations aux anciens combattants, l’Assurance-emploi (AE) et les programmes provinciaux ou municipaux d’aide au revenu (aide sociale) peuvent être conjugués avec des régimes privés, notamment des régimes de retraite enregistrés (RRE), des régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) et des instruments d’épargne non enregistrés. Dans l’absolu, l’argument selon lequel les prestations sociales ne peuvent seules répondre aux besoins globaux d’une personne est relativement exact. Il importe d’admettre, toutefois, que ces programmes publics visent à assurer un niveau de vie minimum à tous les Canadiens et ne prétendent pas répondre à des niveaux supérieurs de confort. Il faut donc viser une harmonisation efficace des programmes personnels ou privés avec les programmes publics.

Si les parties intéressées disposent d’un cadre conceptuel reposant sur l’amélioration de la sensibilisation et de la compréhension, sur la responsabilité sociale, sur la bonne volonté et sur la responsabilité personnelle, elles seront mieux outillées pour façonner des politiques adaptées visant à préserver les intérêts interdépendants de tous les Canadiens.

Pour obtenir de plus amples renseignements ou parler avec un représentant de CGA-Canada, communiquez avec les responsables des relations avec les médias.

CGA-Canada | Dernière mise à jour : 26 janvier 2005

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