Document d’information
À l’hiver 2008, l’Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a entrepris de réaliser un deuxième sondage auprès des consommateurs sur l’endettement et la consommation des ménages au Canada. Un sondage similaire avait été commandé par CGA-Canada au printemps 2007. L’objectif particulier du second sondage était de comprendre les répercussions de la crise actuelle sur les finances des Canadiens déjà aux prises avec des difficultés financières. Comme nous l’avons vu, le thème de l’endettement et de la consommation des ménages est un thème d’actualité pertinent et crucial pour les Canadiens. Nous croyons que ce nouveau rapport, intitulé Où va l’argent? L’endettement des ménages canadiens dans une économie en déroute, suscitera beaucoup d’intérêt parmi eux. Vous pouvez télécharger ce rapport dès maintenant.
Faits saillants du rapport
Hausse de l’endettement
- L’endettement des ménages a atteint un sommet historique de 1,3 billion de dollars en 2008, et cette hausse est principalement attribuable à la consommation plutôt qu’à la constitution de patrimoine.
- Les trois principaux indicateurs de l’endettement des ménages, soit le ratio dette-revenu, le ratio dette-actif et le ratio dette-valeur nette, se sont détériorés considérablement au cours des deux dernières années et en particulier en 2008.
- Les ménages canadiens financent la consommation et alimentent la croissance du produit intérieur brut avec de l’argent qu’ils n’ont pas gagné, se tournant de plus en plus vers le crédit pour faire face à leurs frais de subsistance courants.
- La majorité des répondants dont la dette a augmenté (58 %) affirme que les dépenses courantes sont la cause première de cet accroissement. Ce pourcentage est supérieur à celui de 52 % constaté en 2007.
- Les marges et les cartes de crédit représentent la première dette des consommateurs, 85 % des Canadiens endettés déclarant avoir une dette active de carte de crédit.
- Une grande partie des Canadiens ont indiqué que leur dette a augmenté. La proportion de répondants dont la dette s’est accrue est passée de 35 % en 2007 à 42 % en 2008.
- 84 % (81 % en 2007) des Canadiens sont préoccupés par la hausse de l’endettement des ménages, et 21 % des Canadiens endettés disent qu’ils sont dépassés par leurs dettes et qu’ils ne peuvent plus les gérer.
- Il est toutefois intéressant de noter que 79 % des Canadiens endettés demeurent convaincus qu’ils peuvent soit gérer efficacement leur dette actuelle, soit accroître leur niveau d’endettement.
- Pour la plupart, les personnes interrogées (65 %) croient que leur endettement restreint leur capacité d’atteindre leurs objectifs financiers dans au moins un des domaines importants que sont la retraite, les études, les loisirs et les voyages, et la sécurité financière en cas de circonstances imprévues.
Insuffisance de l’épargne
- Le tiers des Canadiens n’affectent aucune ressource à l’épargne, et la détérioration de la conjoncture économique n’a pas encore produit son effet habituel consistant à encourager une hausse de l’épargne.
- Même en pouvant compter sur l’assistance temporaire que leur procure une carte de crédit ou une marge de crédit, 25 % des Canadiens seraient incapables d’assumer une dépense imprévue de 5 000 $ et 10 % auraient de la difficulté à composer avec une dépense inattendue de 500 $.
- La plupart des répondants (78 %) ont indiqué qu’ils ne modifieraient pas leurs habitudes d’épargne pour se faire ou se refaire un « coussin de sécurité » financier.
Facteurs économiques
- Avant les événements de 2008, l’économie canadienne n’avait pas connu de récession depuis 17 ans. Cette récession s’était déroulée sur une période de douze mois entre avril 1990 et mars 1991.
- Compte tenu des dernières données sur les pertes d’emploi et les faillites, il y a fort à parier que la situation du secteur des ménages s’est dégradée.
- Toutefois, les Canadiens perçoivent leur situation financière comme étant meilleure que ce qu’elle est, et beaucoup ne se rendent pas compte des effets du repli économique sur leurs finances.
- Près du quart (24 %) des répondants ne croient pas qu’une baisse modérée du marché de l’habitation ou du marché boursier, une hausse des taux d’intérêt ou une réduction du salaire ou de l’accès au crédit se répercuteraient de façon marquée sur leur situation financière.
Vulnérabilité des ménages canadiens
- Certains groupes socioéconomiques sont particulièrement vulnérables à l’accroissement de l’endettement. Les plus vulnérables sont les plus durement touchés (les personnes à faible revenu, les ménages avec enfants, les jeunes adultes, les retraités).
- Les familles canadiennes en particulier sont confrontées à l’accroissement de leur endettement. Les ménages comptant un ou plusieurs enfants âgés de moins de 18 ans sont plus nombreux à croire que leur endettement augmente que les ménages n’en comptant pas, 49 % d’entre eux indiquant que leur dette s’est considérablement accrue.
- Les répondants dont le revenu est inférieur sont beaucoup plus susceptibles de déclarer une augmentation de leur dette que ceux faisant partie des tranches supérieures de revenu. En outre, les ménages moins riches continuent à s’enfoncer dans l’endettement et leur valeur nette ne cesse de diminuer.
- Il y a quand même des ménages sans dette. Quatre-vingt-huit p. cent des répondants sans dette sont issus de ménages comptant une ou deux personnes et sont beaucoup moins susceptibles d’avoir des enfants de moins de 18 ans.
Différences régionales
- Il y a des différences régionales en ce qui concerne les ménages endettés.
- Les répondants de la Colombie-Britannique ont été 56 % à indiquer que leur endettement a augmenté, comparativement à la moyenne canadienne de 42 %.
- Environ 30 % des résidents des provinces de l’Atlantique ont indiqué que le niveau de leur dette n’avait pas changé; 23 % seulement de l’ensemble des répondants en ont fait autant.
- Les répondants sans dette se sont avérés plus susceptibles d’être des résidents de l’Ontario.
Recommandations
Approche équilibrée
- Le niveau d’endettement actuel des ménages canadiens est très troublant, surtout compte tenu de l’ampleur des chocs économiques récents (chocs liés aux revenus, aux prix des actifs et aux taux d’intérêt), et les perspectives d’amélioration de la sécurité financière des ménages sont faibles.
- CGA-Canada reconnaît l’importance des dépenses de consommation pour l’essor des entreprises et la croissance économique. Il lui semble toutefois plus souhaitable d’adopter une approche équilibrée des dépenses, de l’épargne et du remboursement des dettes pour sortir du marasme économique actuel, que d’essayer de promouvoir les dépenses de consommation.
- L’accumulation appréciable d’actifs financiers, la constitution d’un « coussin de sécurité » financier plus considérable et plus diversifié, et les placements faits en vue de la retraite devraient faire partie des objectifs à long terme des Canadiens. CGA-Canada recommande vivement aux Canadiens de recourir aux instruments d’épargne comme les REER et les CELI.
- CGA-Canada sait que la décision d’emprunter est un choix personnel légitime, mais estime qu’il est crucial que les Canadiens soient au courant des risques potentiels de l’accroissement de leur endettement.
- Il est important de rappeler que la tolérance au risque des institutions financières n’est pas un substitut au jugement des particuliers, qui doivent faire la part des choses entre les avantages et les inconvénients de l’endettement.
Connaissances financières de base
- Les connaissances financières de base demeurent un enjeu : il n’est pas rare que des Canadiens ne comprennent pas l’effet d’une dette ni les coûts associés au service de celle-ci.
- Il est crucial, pour la sécurité et le bien-être financiers des ménages, que ces derniers soient à même de bien comprendre leur propre situation financière et les raisons qui les poussent à emprunter, à dépenser et à épargner.
- Les Canadiens doivent prendre très au sérieux le perfectionnement de leur capacité financière : ils doivent améliorer leurs connaissances, leurs compétences et leur discipline lorsqu’ils prennent des décisions financières.
- Le gouvernement et les milieux de l’enseignement et de la formation ont une occasion d’aider les Canadiens à améliorer leur capacité financière.
- Il faut faire plus pour renseigner le public sur la gestion de l’argent, les habitudes de dépense et d’achat, les signaux avertisseurs de difficultés financières, ainsi que l’obtention et l’utilisation du crédit.
[ Haut de la page ]
CGA-Canada | Dernière mise à jour : 26 mai 2009