Document d’information
Le rapport Où est l’argent aujourd’hui? L’endettement des ménages canadiens à l’aube de la reprise économique présente l’opinion des Canadiens sur leur niveau d’endettement et leur attitude à l’égard des dépenses et de l’épargne. Les principales constatations de l’étude, qui sont exposées ci-dessous, établissent un lien entre les tendances inquiétantes révélées par les Canadiens et celles qui ressortent des statistiques publiquement accessibles.
Nous sommes convaincus que ce nouveau rapport sera déterminant pour la population canadienne ainsi que pour le gouvernement et les entreprises du pays.
Faits saillants du rapport
L’endettement des ménages continue de s’accroître, culminant à un nouveau record de 1,41 billion de dollars
- La dette des ménages canadiens a atteint 1,41 billion de dollars en décembre 2009.
- Si on répartissait cette dette également entre tous les Canadiens, chaque personne aurait une dette active de quelque 41 740 $, un montant 2,5 fois supérieur à celui calculé en 1989.
- La dette des ménages corrigée pour tenir compte de l’inflation et de la croissance démographique a continué de progresser au cours des deux dernières décennies, de même qu’en 2008-2009.
- La récession récente n’a eu qu’un effet limité sur le rythme auquel les ménages continuent de s’endetter.
- Si les taux de croissance des prêts hypothécaires (crédit garanti) ont ralenti en 2008 et 2009, l’expansion des prêts à la consommation (crédit généralement non garanti par des actifs dont la valeur est susceptible d’augmenter) s’est accélérée pendant la majeure partie de cette période.
- La part du crédit renouvelable (marges de crédit personnelles et cartes de crédit) par rapport à l’ensemble des prêts à la consommation consentis par les banques à charte est passée de 21,1 % en 1989 à 77,7 % en 2009. Les emprunts par marges de crédit personnelles ont été multipliés par 25 pendant cette période.
- Le Canada occupe le premier rang parmi 20 pays de l’OCDE étudiés, pour ce qui est du ratio dette à la consommation-actifs financiers. Cette « première place » correspond à une tendance à long terme.
- En 2007, le nombre de répondants dont l’endettement diminuait était supérieur à celui dont l’endettement augmentait. La situation s’est inversée en 2010, 38 % des répondants ayant indiqué que leur dette avait augmenté, tandis que seulement 33 % affirmaient que leur dette avait diminué.
- La majorité des répondants ayant signalé une hausse de la dette du ménage se disent très préoccupés (40 %) ou assez préoccupés (46 %) à l’égard de leur dette croissante.
- En 2010, environ 20 % des répondants ayant des dettes affirment qu’ils sont trop endettés et qu’ils ont de la difficulté à gérer leur dette, contre 17 % en 2007.
- Les ménages substituent le crédit à leur revenu pour consommer. En 2008 et 2009, les Canadiens ont recouru beaucoup plus à l’emprunt pour acheter une voiture ou rénover leur maison que lors des années précédentes. À la fin de 2009, par exemple, on empruntait environ 0,75 $ pour chaque dollar payé à l’achat d’un véhicule motorisé neuf ou d’occasion, alors qu’au milieu de 2008, l’emprunt pour chaque dollar payé à cet effet n’était encore que de 0,39 $.
- Le soutien que procure la valeur nette aux ménages qui empruntent pour consommer a diminué. La valeur nette des propriétaires a chuté, passant d’un sommet de 70,8 % au début de 2007 à 67,8 % à la fin de 2009.
Le bilan des ménages continue de se détériorer
- En 2007, très peu de répondants estimaient que la valeur de leurs actifs avait diminué au cours des trois années précédentes. En 2010, environ 37 % des répondants détenant des parts de fonds communs de placement, des actions et des obligations à l’extérieur d’un REER, et 31 % des répondants ayant des actifs de retraite privés pensent que la valeur de leurs actifs a diminué. Plus d’un quart (27 %) des répondants estiment que l’accroissement des paiements visant le remboursement de leurs prêts autres que leurs prêts hypothécaires a contribué à l’augmentation de leurs dépenses.
- Plus de la moitié (56 %) des répondants jugent que leur revenu est resté le même ou a diminué, tandis que la majorité (85 %) de ceux dont le revenu a augmenté indiquent qu’il s’agit d’une modeste amélioration.
- Le ratio dette-revenu a atteint un nouveau sommet de 144,4 % à la fin de 2009.
- Le ratio dette-actifs a atteint 19,4 % à la fin de 2009, comparativement à une moyenne de 15,2 % pour la période comprise entre 1990 et 2007. Bien que le ratio dette-actifs ne se soit pas détérioré davantage en 2009, cette stabilité est principalement attribuable à la hausse de la valeur de marché des actifs financiers aux deuxième et troisième trimestres de 2009.
- La mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer au cours des deux dernières années. Cette détérioration a fait passer le ratio prêt hypothécaire-actifs résidentiels à 65,4 % à la fin de 2009, niveau beaucoup plus élevé que la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et 2007.
- Le montant du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d’actifs financiers des ménages s’est stabilisé à 11,1 % en 2009, après un bond marqué en 2008.
- La baisse des taux d’emprunt et des intérêts effectifs payés (exprimés comme un ratio des intérêts payés sur la dette active) n’a pas aidé les ménages à réduire la part de leur revenu qu’ils consacrent au service de la dette. Les ratios du service de la dette pour les prêts hypothécaires et le crédit à la consommation n’ont pas changé en 2009, et ont même été légèrement supérieurs à ce qu’ils étaient au milieu des années 2000.
- Le coût réel des prêts hypothécaires pourrait être nettement sous-estimé, car les ratios du service de la dette pour ces prêts ne tiennent pas compte de versements obligatoires tels que les remboursements de capital, les taxes foncières, les primes d’assurance hypothécaire et les charges de copropriété. Par exemple, en Alberta, ces versements obligatoires ont accru d’environ 27 % le service de la dette moyen pour les prêts hypothécaires en 2008.
- Le solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar de biens consommés a augmenté considérablement, ce qui donne à penser que les ménages ont recours à des prêts de plus en plus considérables pour acheter la même quantité de biens durables ou qu’ils ont de plus en plus tendance à utiliser le crédit à la consommation pour acheter des biens non durables.
L’ampleur des répercussions des chocs économiques récents sur les finances des ménages
- La moitié (50 %) des répondants croient qu’une réduction de salaire de l’ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier. Quelque 27 % des répondants se sont dits vulnérables à une hausse des taux d’intérêt, tandis qu’une proportion croissante (43 %) des répondants se disent inquiets quant à leur situation financière prévue à la retraite.
- Cependant, un nombre croissant de non-retraités (32 %) ne mettent pas d’argent de côté de façon régulière, ni même en prévision de la retraite.
- Le Canada a perdu 319 000 emplois entre juin 2008 et décembre 2009, ce qui a miné quelque six années de création d’emplois. Le chômage caché, représenté par les travailleurs découragés et l’emploi à temps partiel imposé, a nettement augmenté en 2009.
- On ne peut pas encore vérifier si le revenu total des ménages a reculé pendant la récession de 2008-2009, car les statistiques sur le revenu global des ménages provenant de différentes sources ne sont généralement disponibles qu’environ deux ans après la période de référence.
- Quelque 79 % des actifs des ménages peuvent être touchés par les fluctuations des marchés des capitaux et de l’immobilier. Au fil du temps, la composition des actifs des ménages est devenue plus risquée, moins diversifiée et un peu moins liquide. Les actions et les parts de fonds communs de placement représentaient 19,2 % de l’ensemble des actifs des ménages en 2009, soit plus du double qu’en 1990. En revanche, les liquidités et les dépôts, moins risqués, occupaient moins de place dans les actifs des ménages, avec une proportion de 12,3 % en 2009 contre 18,0 % en 1990.
- On peut s’attendre à ce que le portefeuille d’un ménage moyen génère en moyenne un rendement de 6 %, soit beaucoup moins que le rendement annuel de 11 % enregistré dans les cinq années précédant la récession.
- Le risque lié aux hausses de taux d’intérêt s’est accru pour les ménages. La proportion de ménages titulaires de prêts à taux variable est passée de 14 % en 1997 à 25 % en 2007. Cette proportion est même plus élevée pour les prêts hypothécaires : en 2009, environ 27 % des prêts hypothécaires étaient des prêts à taux variable et 6 %, des prêts combinant taux variable et taux fixe.
- Le nombre de cas d’insolvabilité chez les consommateurs a presque doublé au cours des deux dernières décennies, passant de 20,5 pour 10 000 adultes canadiens en 1990 à 39,0 en 2007. Cette tendance à la hausse n’a pas ralenti pendant la récession récente, le taux d’insolvabilité ayant monté en flèche pour atteindre 56,6 pour 10 000.
- La taille moyenne des faillites de consommateurs, correspondant au montant du passif déclaré par faillite (corrigé pour tenir compte de l’inflation), a atteint 104 000 $ en 2009, son niveau le plus élevé en 30 ans. Les montants nets des passifs des consommateurs faillis ont été plus élevés (parfois largement) en 2009 que ceux enregistrés pour toute autre année des deux dernières décennies.
- Selon des estimations, les mesures de relance budgétaire mises en œuvre par le G-20 ont accru l’incidence sur le PIB des mesures intérieures prises par le Canada de 3,4 fois en 2009 et de 3,8 fois en 2010. Cet effet multiplicateur des mesures du G-20 devrait s’estomper nettement après 2010 et devenir presque nul en 2013.
Des différences régionales importantes
- On a constaté des différences notables dans le ratio du service de la dette entre les provinces en 2008. La Colombie-Britannique s’est distinguée comme l’une des provinces où le poids du service de la dette des ménages est le plus élevé (9,9 % de leur revenu disponible). L’Ontario, le Québec, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse affichent aussi un ratio du service de la dette plus important qu’ailleurs. C’est à Terre-Neuve-et-Labrador que ce ratio était le plus faible (6,1 %) en 2008.
- À peine 35 % des résidents du Québec, mais jusqu’à 47 % de ceux de la Colombie-Britannique nous ont dit que leur endettement s’intensifiait, comparativement à une moyenne canadienne de 38 %.
- Environ 41 % de tous les répondants ont indiqué qu’ils étaient plus riches aujourd’hui qu’il y a trois ans. À ce chapitre, les résidents de la Colombie-Britannique ont été les moins enthousiastes, seulement 37 % des répondants ayant fait état d’une hausse de leur richesse. Les plus enthousiastes ont été les résidents de l’Alberta, qui ont été 46 % environ à se déclarer plus riches aujourd’hui.
- Les pertes d’emploi enregistrées au Canada ont été inégalement réparties entre les provinces. Si le nombre d’employés a légèrement augmenté dans les provinces de l’Atlantique en 2009, on a signalé une baisse de 3 % à 4 % en Colombie-Britannique et en Alberta entre décembre 2008 et la fin de 2009. De même, si le taux de chômage a monté de deux tiers en Colombie-Britannique et a presque doublé en Alberta, il n’a reculé que très légèrement en Saskatchewan.
- Les résidents de la Saskatchewan ont vu leur revenu disponible croître de 14,4 % en 2008, alors que le revenu des ménages de Terre-Neuve-et-Labrador a baissé de 0,8 % par rapport à son niveau de 2007.
- Au Manitoba et en Saskatchewan, le nombre des faillites de consommateurs a très peu augmenté entre 2007 et 2009. En revanche, la probabilité qu’un Albertain fasse faillite a crû deux fois plus vite que la moyenne canadienne. Par ailleurs, l’ampleur des pertes financières dues à des faillites de consommateurs diffère selon les provinces.
- En 2008, les Albertains épargnaient 13,7 % de leur revenu disponible — plusieurs fois le taux d’épargne des ménages des autres provinces. À l’inverse, l’épargne des résidents de la Colombie-Britannique était fortement négative puisque, en moyenne, leurs dépenses excédaient leur revenu disponible de 3,4 %.
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CGA-Canada | Dernière mise à jour : 20 juin 2011