Document d’information
Depuis 2007, CGA-Canada surveille l’attitude collective à l’égard des dépenses et de l’endettement. Elle publie le quatrième rapport de la série, intitulé L'endettement au Canada : Les consommateurs canadiens ont-ils encore les moyens d’être un moteur de l’économie?, dans lequel elle expose les points de vue des Canadiens sur l’évolution de leur endettement et de leur patrimoine et examine, dans le contexte de faits et de chiffres accessibles au public, les résultats de son enquête.
Les principales constatations démontrent que les Canadiens sont toujours aux prises avec des niveaux records d’endettement des ménages — défini comme étant le solde impayé du crédit des ménages, y compris le crédit à la consommation et le crédit hypothécaire à l’habitation. Elles révèlent en outre plusieurs tendances alarmantes pour ceux qui doivent aussi composer avec la baisse ou la stagnation de leurs revenus, ou d’autres difficultés personnelles.
Faits saillants du rapport
Si la croissance de la dette des ménages a ralenti, cette tendance positive n’est pas partagée également entre tous les ménages canadiens.
- Le rythme d’expansion de l’endettement s’est affaibli en 2010 et au premier trimestre de 2011, mais les niveaux d’endettement des ménages ont tout de même atteint un niveau record de 1,5 billion de dollars au premier trimestre de 2011.
- Si on répartissait la dette des ménages également entre tous les Canadiens, une famille avec deux enfants devrait environ 176 461 $.
- Si les foyers canadiens tendent à croire que leurs dettes diminuent, cet optimisme n’est pas généralisé. Par exemple, bien que, dans l’ensemble, 37 % des Canadiens endettés aient indiqué que leur dette diminuait et 35 %, qu’elle augmentait, 46 % des répondants à faible revenu ont déclaré une augmentation de leur dette. Les foyers comptant au moins un enfant sont aussi beaucoup plus susceptibles de voir leur endettement augmenter.
- Les ménages ayant un revenu annuel de 50 000 $ ou moins sont six fois plus susceptibles d’être vulnérables financièrement, si on considère le ratio du service de la dette.
- Les familles monoparentales constituent la seule catégorie de ménages dont la dette augmente avec l’âge, et ces familles ont une dette supérieure de deux tiers à celle des couples sans enfant.
- Davantage de Canadiens arrivent à la retraite endettés : un tiers des ménages retraités ont une dette moyenne de 60 000 $, et 17 % d’entre ont une dette de 100 000 $ ou plus.
Le bilan des ménages ne s’est pas amélioré.
- Le ratio dette-revenu des ménages a atteint un nouveau sommet de 146,9 % au premier trimestre de 2011.
- L’accroissement de la dette ne s’est pas accompagné d’une amélioration des revenus ou de la richesse : 40 % des répondants dont le revenu a diminué ont indiqué que leur dette avait augmenté, comparativement à 31 % dans le cas des répondants dont les revenus ont progressé.
- La consommation plutôt que la constitution du patrimoine demeure la première cause de l'accroissement de l’endettement : 57 % des répondants endettés ont affirmé que les frais de subsistance courants sont la cause principale de cet accroissement.
- La mesure dans laquelle les prêts à la consommation sont garantis par des actifs financiers ne s’est guère améliorée, même si la croissance de cette catégorie de prêts a ralenti considérablement en 2010. Le montant du solde impayé des prêts à la consommation pour chaque dollar d'actifs financiers des ménages s’est stabilisé à 10,9 % à la fin de 2010 – soit tout près du niveau de 11,0 % enregistré à la fin de 2009 ou de celui de 11,2 % enregistré deux ans plus tôt.
- La mesure dans laquelle les prêts hypothécaires résidentiels sont garantis par des actifs résidentiels a continué de se détériorer en 2010. Cet indicateur s’est établi à 65,7 % à la fin de 2010, soit un niveau nettement supérieur à la moyenne de 55,0 % observée entre 1990 et 2007.
- À la fin de 2010, la valeur nette totale des propriétaires se situait à son niveau le plus bas en dix ans, soit 67,7 %, tandis que la valeur résidentielle était à son plus bas en 20 ans, soit 34,6 %.
La capacité de payer pourrait être compromise.
- Peu de répondants ont indiqué que leur revenu avait augmenté. Moins de la moitié (42 %) ont fait état d’une augmentation, laquelle était pour la plupart d’entre eux (86 %) très modeste.
- La moitié des répondants croient qu’une réduction de salaire de l’ordre de 10 % se répercuterait de façon marquée sur leur bien-être financier.
- Même en pouvant compter sur l’assistance temporaire que leur procure une carte de crédit ou une marge de crédit, le cinquième des Canadiens seraient incapables d’assumer une dépense imprévue de 5 000 $. Un Canadien sur 10 aurait de la difficulté à composer avec une dépense inattendue de 500 $.
- Les Canadiens épargnent encore moins qu’avant. Quelque 27 % des Canadiens non retraités n’affectent aucune somme à une formule d’épargne régulière quelle qu’elle soit, même pas en vue de la retraite. Il s’agit d’une augmentation par rapport au taux de 25 % enregistré en 2007. Globalement, quatre Canadiens sur dix ne sont pas certains que leur situation financière à la retraite sera adéquate.
- Le taux de chômage pour les travailleurs sans emploi depuis plus d'un an a continué d’augmenter et a plus que doublé, passant de 0,4 % en octobre 2008 à 1,0 % en avril 2011.
Les différences régionales demeurent importantes.
- La Colombie-Britannique présente le ratio du service de la dette le plus élevé, 9,4 % du revenu disponible étant consacré aux intérêts payés sur la dette. Les résidents du Nouveau-Brunswick bénéficient du poids du service de la dette le plus bas, celui-ci ne représentant que 5,6 % de leur revenu disponible.
- Si 43 % des Albertains ont indiqué que leur dette avait augmenté, comparativement à la moyenne canadienne de 35 %, les résidents de l’Alberta épargnent à un rythme plusieurs fois supérieur à celui des autres Canadiens.
- Dans trois provinces – l’Alberta, la Colombie-Britannique et la Saskatchewan – le nombre de prêts hypothécaires en souffrance a continué de s’accroître en 2010, tandis qu’il a diminué dans les autres provinces.
- La Colombie-Britannique a enregistré l’une des plus fortes hausses du nombre de cas de faillites personnelles pendant la récession, mais également l’une des baisses les plus modestes du nombre de ménages en difficulté financière en 2010. La province d’Ontario s’était classée parmi les premières provinces en ce qui a trait à l’accroissement des cas de faillites personnelles en 2009, mais elle a enregistré la plus forte baisse
en 2010.
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CGA-Canada | Last Updated: August 15, 2011