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Productivité en déclin : Comprendre le défi qui se pose au Canada 

Renseignements connexes : 

Le Rapport sur la compétitivité mondiale que publie chaque année le Forum économique mondial (FEM) montre que la croissance de la productivité au Canada est à son plus bas niveau depuis cinq ans. Pour comprendre les causes fondamentales de la diminution de la compétitivité canadienne et leur incidence sur la productivité, l'Association des comptables généraux accrédités du Canada (CGA-Canada) a entrepris d'examiner en profondeur cette question. Dans cette perspective, elle s'est fondée sur de l'information contenue dans le rapport du FEM pour déterminer les principales raisons de la diminution de la compétitivité, puis elle a analysé l’interaction entre ces raisons et la croissance de la productivité.

Définition de la productivité

La productivité est définie comme étant l'efficience avec laquelle les biens et les services sont produits à l’aide d’un ensemble donné d’intrants, notamment le capital, les matières premières et le travail. La mesure la plus courante de la productivité est la production par unité de travail. La création d'un processus de production efficient et perfectionné implique donc de produire le nombre le plus élevé possible d'extrants avec le nombre le moins élevé possible d'intrants.

Déterminants fondamentaux de la baisse de la productivité au Canada

Investissements insuffisants dans l'enseignement supérieur

  • Dans les universités canadiennes, la croissance des effectifs d'enseignants à temps plein a baissé à 7 % entre 1987 et 2003, tandis que les effectifs d'étudiants à temps plein progressaient de près de 50 %.
  • Les transferts fédéraux de fonds destinés aux provinces pour l'enseignement postsecondaire, qui représentaient 0,56 % du PIB total au cours de l'exercice 1983-1984, n'atteignaient plus que 0,19 % du PIB total au cours de l'exercice 2004-2005.
  • La part des dépenses provinciales affectée à l'enseignement postsecondaire a baissé de 1,54 % à 1,05 % du PIB provincial entre les exercices 1992-1993 et 2004-2005.

Faiblesse de la formation en mathématiques et en sciences au niveau secondaire

  • Au Canada, la qualité des compétences en mathématiques et en sciences –élément déterminant de la compétitivité dans une économie fondée sur le savoir – diminue chez les élèves du secondaire. À l’échelle des pays de l’OCDE, les étudiants canadiens ont reculé du 5e au 11e rang pour ce qui est des sciences et du 6e au 7e rang pour ce qui est des mathématiques entre 2000 et 2003.

Appui insuffisant des employeurs en matière de formation en cours d'emploi

  • La formation liée à l'emploi soutenue par les employeurs, qui représentait 79 % de la formation en cours d'emploi en 1997, a reculé à 72 % en 2002.
  • En milieu de travail, 28 % des employés ont indiqué que leurs aspirations ou leurs besoins en matière de formation restaient insatisfaits.

Réglementation excessive à l'égard des entreprises

  • Un sondage effectué auprès de membres de partenariats établis entre des entreprises et des universités — qui comptent parmi les principales sources d'innovation au Canada — a révélé que les règles excessives touchant la propriété intellectuelle, les contrats et les coûts indirects représentent des obstacles majeurs aux collaborations efficaces.
  • Les restrictions imposées par l'État à l'égard des intérêts étrangers dans certains secteurs d'activité, notamment celui des télécommunications (l'une des industries les plus importantes du Canada) empêchent de réunir des capitaux efficacement. Les coûts excédentaires se sont traduits par des hausses de prix pour les consommateurs qui représentent au moins 1,06 $ par mois pour les abonnés des entreprises de téléphonie et 2,61 $ par mois pour les abonnés des entreprises de câblodistribution.

Insuffisance des investissements dans les biens d'équipement

  • La croissance de l'intensité du capital – qui permet de mesurer le capital utilisé par travailleur – a diminué de 0,4 % à -0,6 % entre 1996 et 2004.
  • Le ratio des investissements réels en machines et en matériel au PIB ne s'est établi qu'à 6,8 % entre 1981 et 2004, comparativement à 7,9 % aux États-Unis, même si le secteur de la fabrication (deuxième secteur d'activité en importance au Canada) reste largement tributaire des investissements de cette catégorie.

Corruption et inefficience au sein des institutions

  • Pilier des institutions — Un des quatre piliers composant le sous-indice des exigences de base, et à ce titre un outil de mesure reconnu de l’incidence économique des pratiques gouvernementales en matière d’éthique et de reddition de comptes, s’est beaucoup affaibli depuis 2004.
  • Le rapport lie ceci à plusieurs facteurs, notamment l’impact du scandale des commandites et d’autres facteurs importants comme l’inefficience du gouvernement, en général, et la réglementation excessive due, en partie, à la répétition inutile des exigences imposées par les divers ordres de gouvernement.

Principales recommandations pour améliorer la productivité au Canada

Investir dans le capital humain

  • Faire de l’excellence en mathématiques et en sciences au secondaire une priorité.
  • Accroître l'investissement du gouvernement dans l'enseignement supérieur.
  • Fournir des services d'orientation professionnelle aux niveaux secondaire et postsecondaire pour promouvoir l'intérêt dans les sciences et le génie.
  • Créer des incitatifs convaincants, notamment des crédits d'impôt, pour encourager la formation appuyée par les employeurs et faire face au manque de travailleurs qualifiés.
  • Augmenter l'attrait de la formation autonome en mettant de l'avant des mesures fiscales plus généreuses.

Encourager l'efficience et l'innovation au sein des PME

  • Promouvoir la croissance en matière d'innovation et de technologie en important des innovations de l’étranger.
  • Favoriser l'expansion du Programme d’aide à la recherche industrielle, par l'entremise duquel le Conseil national de recherches du Canada offre des services de consultation de nature technique et commerciale aux PME au sujet de l’adoption des nouvelles technologies, ainsi que de l’aide financière aux entreprises en croissance. Ce programme permet aux PME d’avoir accès à un réseau étendu grâce auquel elles peuvent travailler à assurer leur croissance technologique.
  • Inciter les entreprises à se spécialiser dans les tâches à productivité élevée tout en externalisant les tâches à faible productivité qui ne peuvent être réalisées de façon économique au Canada en raison des taux de rémunération ou de la composition des effectifs.
  • Les gouvernements, les bailleurs de fonds et les entreprises doivent:
    • mettre en place des mécanismes qui facilitent l'accès au capital et récompensent les entreprises qui recherchent l'efficience;
    • chercher à maximiser l'efficience organisationnelle et envisager l'externalisation des activités à faible productivité en vue de les confier à d'autres entreprises ou à des fournisseurs de l'étranger et effectuer des investissements directs étrangers.

Améliorer l'efficience institutionnelle au gouvernement

  • Accroître la transparence et la reddition de comptes au sein des administrations publiques.

Réduire le fardeau réglementaire

  • La réglementation régissant les partenariats entre les secteurs public et privé doit être rationalisée, assouplie et réduite, ces partenariats constituant un environnement fécond pour l’évolution des brevets d’utilité au Canada et permettant aux inventions d’atteindre plus facilement les marchés.
  • Le gouvernement fédéral doit réduire considérablement les restrictions en matière de propriété étrangère et tendre à les supprimer totalement d’ici cinq à dix ans.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires, veuillez communiquer avec :

Taylore Ashlie
Directrice, Communications
CGA-Canada
Téléphone : 604 605-5055
Cellulaire : 604 307-0212
tashlie@cga-canada.org

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