Fil RSS
Close

Envoyer à vos amis

* Votre nom :
* Votre adresse courriel :
* Adresse courriel du destinataire :
Message :
 

XBRL : Ce que tout comptable doit savoir 

eXtensible Business Reporting Language

À l’instar des IFRS, le langage XBRL vise à standardiser l’information financière afin de rehausser la transparence et d’accroître la qualité et la comparabilité de l’information publiée par les entreprises. On peut donc dire que le langage XBRL et les IFRS se complètent bien l’un l’autre.

XBRL, c’est l’acronyme utilisé pour désigner le langage eXtensible Business Reporting Language, un sous-ensemble de la famille de langages eXtensible Mark up (XML). XML est un langage de balisage conçu aux fins de l’organisation, du transport et du stockage des données, et il sert de point de départ à l’élaboration d’autres langages, comme XBRL. Essentiellement, le langage XML est un métalangage constitué de règles et d’une syntaxe, et il est indépendant de toute plateforme ou application informatique.

XBRL est un dérivé du langage XML qui offre beaucoup de souplesse et de potentiel et qui permet de transformer des données financières en information financière. Cela dit, XBRL n’est ni une norme comptable, ni un plan de comptes. Il ne s’agit pas non plus d’une méthode de communication ou de présentation de l’information. Les avantages du langage XBRL sont les suivants :

  • XBRL transforme des données financières pêle-mêle en une information financière significative et utile aux fins de la prise de décisions.
  • XBRL est indépendant des référentiels comptables et des plateformes informatiques et, par le fait même, facilite les analyses comparatives des états financiers et d’autres informations.
  • XBRL peut faire ressortir les liens entre des éléments et la façon dont ils sont calculés. Il peut également faire état de regroupements de ces éléments dans la hiérarchie de présentation.
  • XBRL est un langage extensible qui peut être facilement étendu et adapté en fonction des besoins particuliers d’une entité.
  • XBRL prend en charge toutes les tâches courantes associées à la compilation, au stockage et à l’utilisation des données des entreprises. Ces données peuvent être converties en XBRL grâce à des processus de mise en correspondance appropriés ou être générées en XBRL au moyen d’un logiciel. On peut ensuite interroger ces données, les sélectionner, les échanger, les analyser ou les publier à l’aide d’applications logicielles. De plus, les étiquettes XBRL permettent d’automatiser le traitement de l’information de l’entreprise au moyen de logiciels et élimine du coup les processus répétitifs de ressaisie et de comparaison manuelles. Ces fonctionnalités du langage XBRL accroissent grandement l’efficacité et l’efficience des processus de présentation et d’analyse de l’information de l’entreprise.

XBRL se compose d’une taxonomie, d’extensions de taxonomie et de l’ensemble des taxonomies de référence appelé DTS (pour « Discoverable Taxonomy Set »). Le produit final est un document d’instance comprenant des notes et des faits (contextes et valeurs) qui constitue un rapport électronique conforme aux règles et à la syntaxe du langage XBRL. Essentiellement, XBRL est un langage de programmation, une variante du langage XML.

Vous trouverez ci-après une description générale, non technique, de la structure du langage XBRL, de ses principales composantes et de son fonctionnement.

La taxonomie XBRL

La taxonomie XBRL sert essentiellement la même fonction qu’un dictionnaire en ce sens qu’elle décrit les renseignements contenus dans un document d’instance XBRL, mais contrairement à un dictionnaire, elle décrit également les liens hiérarchiques qui existent entre les diverses entrées de la taxonomie. Une taxonomie XBRL se compose d’un ou de plusieurs schémas et de bases de liens. Le schéma renferme la définition des éléments, comme les actifs et les passifs, tandis que les liens de base décrivent les liens entre ces éléments.

Les schémas XBRL reposent sur la technologie de schémas XML et les fichiers de schémas portent l’extension « xsd » (XML Schema Definition). Comme un élément peut être défini par plusieurs schémas (par exemple, les IFRS et les PCGR américains), un espace de nommage (« namespace ») unique est assigné à chaque élément. Un espace de nommage s’apparente à une adresse Internet, sans en être une, et il peut s’avérer plus utile de le remplacer par un préfixe ayant prédéfini cet espace de nommage.

Un élément est une notion, par exemple un « produit » ou une « charge », qui est définie sous une forme lisible par machine et est contenue dans un schéma. Voici une liste des propriétés les plus importantes utilisées pour décrire un élément :

  • nom : Pour être valide, le nom doit être conforme aux règles et à la syntaxe du langage XML. Comme nous l’avons mentionné, les éléments définis dans différents schémas se distinguent par l’espace de nommage ou les préfixes correspondants.
  • période (« periodType ») : Cette propriété décrit l’aspect temporel d’un élément. Pour les éléments décrivant des postes compris dans l’état de la situation financière, la valeur correspond à une date précise (« instant ») tandis que pour les éléments décrivant des postes du compte de résultat, la valeur correspond à une durée (« duration »).
  • solde (« balance ») : La valeur de cette propriété peut être débit (« debit ») ou crédit (« credit »), selon que l’élément décrit est un actif, une charge, un passif, un élément de capitaux propres ou un produit.
  • type : La valeur de cette propriété peut être, par exemple, un montant (« monetaryItemType »), une chaîne de caractères (« stringItemType ») ou un nombre décimal (« decimalItemType »), selon la nature de l’élément qui est décrit.

D’autres notions peuvent s’ajouter aux notions comptables habituelles, par exemple des tableaux à structure inconnue. Ces notions sont définies à l’aide d’éléments appelés des uplets (« tuples »), dont la structure diffère de celle des éléments qui est décrite ci-dessus.

Les liens entre les divers éléments sont décrits au moyen de bases de liens. On compte cinq types de bases de liens :

  1. Les bases de liens de présentation fournissent des renseignements sur le classement approprié et les liens hiérarchiques des éléments contenus dans les schémas.
  2. Les bases de liens de calcul fournissent les règles de validation des éléments et font état de la hiérarchie des éléments monétaires, de sorte que la somme algébrique des éléments des niveaux inférieurs soit égale à celle des éléments de niveau supérieur. À cet égard, les propriétés « période » et « solde » sont pris en considération.
  3. Les bases de liens de définition fournissent des renseignements sur les liens entre les éléments.
  4. Les bases de liens de référence font état des liens informationnels entre les éléments et la réglementation ou les normes externes. Ces liens permettent de comprendre plus facilement la signification de chaque élément et les raisons de son inclusion dans la taxonomie.
  5. Les bases de liens de libellé assignent des propriétés aux éléments, par exemple la langue, la période de présentation de l’information et la monnaie dans laquelle l’élément est libellé.

Extensions de taxonomie XBRL et DTS

Le langage XBRL est suffisamment souple pour permettre aux entités de créer des extensions de taxonomie qui leur sont propres sans compromettre la comparabilité ou l’intégrité des données. Il faut noter toutefois que les extensions ne doivent en aucun cas modifier la taxonomie de base. Les extensions de taxonomie répondent aux besoins propres à l’entité auxquels la taxonomie de base ne peut répondre.

L’ensemble des taxonomies de référence (« DTS ») comprend plus d’une taxonomie et s’entend du groupe de schémas de taxonomie étendus et publics et des bases de liens qui, collectivement, sous-tendent le document d’instance XBRL.

Documents d’instance XBRL, faits et notes

Les documents d’instance font état des faits (« facts ») étiquetés au moyen des noms des notions définies dans les taxonomies XBRL et peuvent contenir des notes (« footnotes »).

Un fait correspond à l’information présentée, et elle a une valeur ainsi qu’un contexte. Une note fournit des renseignements supplémentaires sur des éléments en liant ces derniers à un élément de note qui contient un bloc de texte renfermant ces renseignements supplémentaires.

Le langage XBRL et les normalisateurs

L’équipe XBRL de l’IFRS Foundation est chargée du développement et du maintien de la taxonomie IFRS utilisée dans XBRL. Cette taxonomie est de plus en plus utilisée à l’échelle mondiale pour faciliter l’utilisation et l’échange par voie électronique de données financières établies conformément aux IFRS.

Le projet XBRL de l’International Auditing and Assurance Standards Board (IAASB) comporte une approche de mise en œuvre en deux volets :

  • l’objectif du premier volet consiste à obtenir le point de vue des principales parties prenantes afin de comprendre la façon dont le langage XBRL est utilisé dans différents territoires pour le dépôt des états financiers d’une entité, et les mesures qui devraient être adoptées par l’IAASB pour protéger l’intérêt du public lorsque les auditeurs utilisent des données en XBRL.
  • le principal objectif du deuxième volet consiste à mettre à profit les constatations découlant du processus de consultation afin d’élaborer une prise de position portant sur les attentes en matière d’exécution et de rapport envers un auditeur relativement à des états financiers audités accompagnés de données en XBRL. Au besoin, on discutera également des aspects à considérer lorsque des états financiers audités sont déposés en langage XBRL seulement.

Après sa réunion de juin 2010, le comité directeur de l’IAASB a décidé de ralentir la cadence des travaux du projet XBRL en attendant les résultats des recherches sur les perceptions des utilisateurs, qui sont prévus pour l’automne de 2011, ainsi que les faits nouveaux susceptibles de fournir des indications claires quant à l’orientation à donner à la suite du projet.

XBRL au Canada

La Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis a rendu obligatoire la mise en œuvre progressive du langage XBRL sur une période de trois ans, obligation à laquelle les sociétés ouvertes canadiennes inscrites à la cote d’une bourse américaine devront se conformer. On ne sait pas encore à quel moment le reste des préparateurs canadiens seront tenus d’adopter le langage XBRL, mais les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) et la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario (CVMO) ont toutes deux donné leur aval à l’adoption de ce langage. Dans l’ensemble, les parties prenantes s’entendent pour dire que l’adoption devrait maintenant être rendue obligatoire, car la transition aux IFRS se déroule comme prévu. Les ACVM ont déjà lancé, en janvier 2007, un programme de dépôt volontaire en XBRL, qui permet aux préparateurs de déposer leurs états financiers étiquetés dans le Système électronique de données, d’analyse et de recherche (SEDAR). Cela dit, très peu de sociétés canadiennes ont procédé à un tel dépôt volontaire. XBRL Canada travaille activement à promouvoir l’adoption du langage XBRL au pays et à l’échelle internationale.

Le langage XBRL pourrait causer des perturbations pour ce qui concerne la présentation de l’information financière. Reconnaissant que l’adoption de ce langage est cruciale, les autorités des pays développés, de même que des économies émergentes partout dans le monde, travaillent énergiquement à promouvoir son adoption dans leur ressort territorial respectif. Certains n’ont pas hésité à souligner que les parties prenantes canadiennes retardent la reconnaissance et l’adoption inconditionnelle du langage XBRL à leurs risques et périls.

Autres ressources

Exemples :

Pour des exemples de modèles d’états financiers étiquetés en langage XBRL (en anglais), veuillez vous reporter au lien suivant : http://www.ifrs.org/XBRL/Resources/XBRL+Illustrative+examples.htm

Liste de sources d’information suggérées sur le langage XBRL (en anglais) :

http://www.xbrl.org/Home/
http://www.ifrs.org/XBRL/XBRL.htm
http://xbrl.us/Pages/default.aspx
http://xbrl.sec.gov/
http://www.xbrl.ca/
http://www.xbrleducation.com/
http://www.tryxbrl.com/Default.aspx

[ Haut de la page ]

CGA-Canada | Dernière mise à jour : 23 novembre 2011